L'abbé Jean-Jacques Bourassé

Abbe_Bourasse


Les "Grands Ancêtres" de la S.A.T.
par Pierre Leveel
Tome XLII 1990 p60.


        Le chanoine Jean-Jacques Bourassé (1813-1872) fut un membre éminent de la Société Archéologique de Touraine.
        Né dans une famille modeste de Ste-Maure, et après de brillantes études au séminaire de Tours, le jeune clerc, destiné au professorat, suivit pendant deux ans à Paris les cours de l'École de Médecine et du Jardin des Plantes.
        Professeur au petit séminaire de Tours pour l'histoire naturelle, il obtint d'y ajouter l'enseignement de l'art et de l'archéologie, afin que les futurs prêtres du diocèse soient de bons défenseurs des églises tourangelles.
        L'abbé Bourassé fut, évidemment, l'un des membres fondateurs de la S.A.T.
En cette même année 1840, il publia son premier ouvrage important : L'Archéologie chrétienne, ou précis de l'histoire des Monuments du Moyen Âge. Ce livre très apprécié connut 8 éditions, et dépassa les 25 000 exemplaires. Suivent en 1843 : Les cathédrales de France (au nombre de 80) : 6 éditions, 30 000 exemplaires; et Les plus belles églises du monde : 3 éditions, 9 000 exemplaires.
        À moins de 30 ans d'âge, l'abbé Bourassé devenait chanoine titulaire de la cathédrale, et l'archevêque Mgr Morlot lui confiait l'enseignement de la liturgie au grand séminaire de Tours. Il avait terminé une étude - restée manuscrite - sur Les conciles de la Province ecclésiastique de Tours, quand il fut lui-même "notaire du concile" tenu à Rennes en novembre 1849.
        Il publie, avec l'abbé Manceau, en in-folio orné de chromolithographies (novembre 1849) Les Verrières du choeur de l'église métropolitaine de Tours et obtient grâce à la diffusion de cet ouvrage des crédits d'État pour la restauration des verrières. De 1853 à 1859, le chanoine Bourassé fut, avec éclat, le 4e président de la S.A.T. : "Il marque à la société le double but qu'elle doit proposer à ses efforts, c'est à dire la mise en lumière des monuments matériels et des monuments écrits". C. Chevalier, 1873).
        En 1860, il est co-fondateur de la "Société des Bibliophiles de Touraine" qui allait publier quelques textes tourangeaux rares et précieux. Par la publication du Cartulaire de Cormery et de l'histoire de l'abbaye Saint-Paul, il apporte des éléments nouveaux pour une bonne connaissance de la Touraine médiévale.
        Mais sous cette première présidence, l'ouvrage majeur qui accrut la renommée de son principal auteur fut La Touraine, Histoire et Monuments "publié sous la direction de M. l'abbé J.-J. Bourassé, chevalier de la Légion d'Honneur, chanoine de l'église contemporaine de Tours, correspondant du Comité de l'Histoire, de la Langue et des Arts de la France, président de la Société Archéologique de Touraine". Si le grand éditeur Alfred Mame ne plaça pas La Touraine sous les auspices de la S.A.T., la plupart des ses auteurs, qui étaient au nombre de 20, étaient les représentants les plus actifs de la S.A.T. Le chanoine Bourassé lui-même rédigea une part importante de l'ouvrage, dont l'Introduction Historique de 36 pages. Il fut présent à la présentation de ce fleuron de l'imprimerie tourangelle à l'Exposition Universelle de Paris en 1855.
        Après la mort de Lambron de Lignim qui lui avait succédé, le chanoine Bourassé fut encore le 6e président de la S.A.T. de 1862 à 1868. Parmi les ouvrages de religion qu'il écrivit alors, plusieurs se rapportent en tout ou en partie à la Touraine :
        -Recherches historiques et archéologiques sur les églises romanes en Touraine du VIe au XIe siècle, en collaboration avec son ancien élève l'abbé Chevalier (1869).
        -Les origines de l'Église de Tours (1869).
        -Abbayes et Monastères, Histoire, Monuments, souvenirs et ruines (1870).
        -Vie de la bienheureuse Jeanne-Maris de Maillé, en collaboration avec l'abbé Janvier (1872).
        Au total, l'oeuvre écrite du chanoine Bourassé représente : 23 volumes in-4 ou in-folio; 26 volumes in-8 et in-12, sans compter des mémoires et articles publiés, notamment dans les Mémoires de la S.A.T.
        "Bon sens et justesse d'esprit, lucidité d'intelligence, vivacité de conception, sûreté de mémoire, élocution nette et facile : il avait tout cela, et au premier degré". (Abbé Janvier, 1872).
        Mort le 4 octobre 1872 après trois années de souffrance, le chanoine Bourassé quittait sa chère Touraine : "Comme la lampe de ses doctes veilles, il s'était consumé en éclairant les autres". (Abbé Chevalier, 1873).
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