La fanfare d'Athée

1898

Livre XVI
Les Représentations
1898

        L'année 1898 n'est pas bien loin de nous, il nous est donc désormais plus facile d'écrire l'histoire car la mémoire nous aide d'avantage et les évènements ne nous font pas défaut.
        Au premier Janvier la société suivant sa louable habitude rendit visite à M. le Maire à M. le Curé et aux membres honoraires.

La St Vincent

        Le jour de la St Vincent, la Fanfare, entrait à l'église, amenant derrière elle la nombreuse et sympathique Société des Vignerons d'Athée, une messe en musique traditionnelle fut la première étape de la journée pour nos musiciens. Le soir, ils furent également invités à la soirée dansante offerte par la Société de St Vincent.

Le théatre

        Nos jeunes musiciens, pris d'une ardeur nouvelle, se mirent en devoir d'organiser des représentations théatrales. mais hélas ! quel triste matériel de spectacle !! des coulisses en papier de tapisserie, deux seuls décors tout défraichis, et dans lesquels il fallait chaque fois reboucher avec soin les trous que les rats et les souris avaient fait pour y manger la colle.
        Efin heureusement pour une fois, on en tira encore assez bon parti et la scène fut montée dans la salle Chotard, où peuvent tenir bien serrées 150 ou 160 personnes.
        Quelques jeunes gens de St Martin le Beau et Montlouis, amis de M. l'abbé Mesnage et de nos chers sociétaires, se chargèrent de leur coté de préparer quelques droleries pour embellir le programme; la suite dira comment ils y réussirent. C'étaient Joseph et Emmanuel Bougrier et Paul Nau, aidés de Raymond Bonnigal et L. Lefèvre.

Les affiches illustrées

        Les trois premiers de ces jeunes gens, exercèrent d'abord leur talent, à fabriquer des affiches illustrées pour annoncer les représentations, nous en donnons ci contre la reproduction en photographie. Ces affiches en couleur faites à la main, eurent un succès remarquable à Athée et depuis ce jour on n'oublia pas d'en refaire pour chaque représentation donnée par la Troupe Fanfare d'Athée et Cie.
        Les Programmes furent imprimés sur feuilles de couleurs et distribuées dans toutes les familles du pays et des environs.

1er Programme

Voici le détail du 1er Programme
Salle Chotard _ à Athée

        Grande soirée théatrale et musicale, offerte par la jeunesse d'Athée avec le concours d'artistes amateurs et de la Fanfare d'Athée

Dimanche 6 Mars
Programme :
1ere Partie :

Allegro militaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Orchestre
Un air de Mazurka . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P.H.
Le notaire à la rigolade (chansonnette) . . . H.O.
Permettez que je me mouche, monologue . . L.L.
Aux épinettes (Etude de moeurs) . . . . . . . . . J.B.
J'nettoye les gosses au Luxembourg . . . . . . J.B.
La Frivole Polka . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Orchestre

Trois amours de pompiers
Vaudevile en 1 acte
Personnages

Méringuet (rentier) . . . . MM.L.Raimbault
Gibraltar (pompier) . . . A Martin
Géromé (pompier) . . . . H Oliveron
Titigre (pompier) . . . . . D. Imbert
Mariette (bonne) . . . . . Melle E. Bardet

La marseillaise des pompiers
Chanson _ Marche
par M. P. Hardion
Fanchette (valse de Morand) _ _ _ _ Orchestre
10 minutes d'entracte

Deuxième partie

Les Clairons du Grand Turc (quadrille) . . . Orchestre
L'enterrement de c'pauv'Ugène (sc.c.) . . . . E.L. et A.L.
Waterloo (récit patriotique) . . . . . . . . . . . . A.R.
L'amour à la vapeur (Chansonnette) . . . . . J.B.
J'suis à la bonne franquette . . . . . . . . . . . . Melle E.B.
Les allumettes du pochard (monologue) . . E.B.
Fin de quadrille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Orchestre

Un mariage au téléphone.
Vaudeville en 1 acte
Personnages

Rissolet notaire . . . . . . . . . . . . L.Lefèvre
Edouard de Chèvrefeuille . . . . J.Bougrier

________ La Cantinière de Gravelotte ________

récit patriotique A. Landré

10 minutes d'entracte

Troisième partie

Galop . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Orchestre
Les vieux Normands (chansonnette) . . A.R.
Le monome des Ecoles (marche) . . . . . A.L.
Rien, Rien, Rien (Baliverne militaire) . . D.J.

Great Attraction
The Brother's Darling's
Tourist, Comediants, Excentric
Accompagnés de la gracieuse Miss Clayreth

Défense de cracher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L.L.
L'anglais gêné dans ses bottes (sc. com.) . . . . P.Hardion
Chansonnette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . X.Y.Z.

La Rose de St Flour
Opérette bouffe en 1 acte (scène auvergnate)
Personnages:

Marcachu (chaudronnier) . . . . A. Landré
Chapailloux (cordonnier) . . . . . E. Landré
Pierrette (cabarettière) . . . . . . A. Chotard

------ Ohé la Vadrouille ------ choeur : A.C., A. et E.L.

Arlequin (pas redoublé) . . . . . . . . . Orchestre.

Les artistes seront grimés par M. Valentin, coiffeur duThéatre municipal de Tours. Costumes de la maison Michel.

Prix des places :

Premières 0,50 - Secondes 0,30 - Enfants et militaires 0,20
Bureaux à 7h 1/2 Rideau à 8 heures précises

Les excentriques

        Tout fut exécuté avec le plus grand succès, mais le clou de la soirée, fut la désopilante fantaisie crée par les The Brother's Darling's et Miss Clayreth, les fameux Excentriques venus exprès de St Martin le Beau. Ils avaient tout un décor et un matériel à eux, des costumes invraisemblables, et s'étaient fait grimer de la façon la plus comique.
        Malgré les nombreux applaudissements, il fut impossible d'obtenir d'eux une deuxième représentation.
        Très remarqués aussi dans leur roles de femme M.M. Chotard et Bardet.
        La foule nombreuse qui vint à ce premier spectacle, encouragea nos artistes à en entreprendre un autre quelques semaines plus tard, en modifiant entièrement le programme dont voici du reste le détail.

2e Programme
Dimanche 13 Mars, 1898

        Deuxième grande Soirée Théatrale et Musicale, offerte par la jeunesse d'Athée avec le concours d'artistes amateurs et de la Fanfare d'Athée.

Programme
Première partie

Feu de joie (Pas redoublé) . . . . . . . . . . . Orchestre
Sérénade de Gounod . . . . . . . . . . . . . . . H.O.
Les filles de Pontoise (chansonnette) . . . J.B.
Le locataire grincheux (monologue) . . . L.L.
Fricotin (scène avec parlé) . . . . . . . . . . J.H.
Un bal chez le Préfet (chansonnette) . . . A.L.

Les Deux Sourds
Vaudeville en 1 acte de Jules M. de Tours
Personnages

Damoiseau rentier . . . . . D. Imbert
Boniface domestique . . . A. Martin
Placide . . . . . . . . . . . . . . L. Raimbault
Le Garde Champêtre . . . A. Chotard
Un jardinier . . . . . . . . . . A. Landré
Eglantine . . . . . . . . . . . . Melle E. Saulquin

Mimosa (Valse) . . . . . . . . Orchestre
10 minutes d'entracte

-------- Deuxième partie --------

La belle Clairette (Quadrille) . . . . . . . . . . . Orchestre
L'homme aux grands pieds (sc. c.) . . . . . . . D.J.
Vengeance (monologue) . . . . . . . . . . . . . . . L.L.
J'ai perdu mes godillots (sc. c. militaire) . . J.H.
Le persécuté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . J.B.
Fin de quadrille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Orchestre

Un monsieur qui a brulé une dame
Comédie vaudeville en un acte
Personnages

Bourguillon notaire . . . . . A. Landré
Blancnainet, horloger. . . . P. Hardion
Antoine domestique. . . . . A. Martin
Loiseau clerc. . . . . . . . . . A. Chotard
Mistarl clerc. . . . . . . . . . E. Landré
Un postillon. . . . . . . . . . . E. Bardet

La Tourterelle Polka . . . . . . . . . . Orchestre
10 minutes d'entracte

Troisième partie

Marche du Sultan de Zanzibar . . . . . Orchestre
La Lavandière chansonnette . . . . . A.R.
Récidiviste (monologue). . . . . E.B.
Les drapeaux de Metz (récit patriotique . . . . . A.R.
Singulière expédition . . . . . L. Lefèvre
La dernière chique . . . . . A.L.
Le Gros lot (chansonnette). . . . . E.B.
Le départ pour Loches scène miltaire. . . . . J. Bougrier
Situation intéressante . . . . . id . . . . . id
Le Vaillant Pas redoublé . . . . . Orchestre

A la demande Générale du Public
2e représentation :
La rose de St Flour, opérette bouffe
en 1 acte (scène auvergnate)
Personnages

Marcachu (chaudronnier) . . . A. Landré
Chapailloux (cordonnier) . . . E. Landré
Pierrette (cabaretière) . . . . . A. Chotard
Arlequin (Pas redoublé) . . . . Orchestre

Perruques et grimes de M. Valentin, costumes de la maison Michel.
A la suite de la Soirée, Grand bal, offert par les artistes.

Prix des places

Premières 0,50, Secondes 0,30, Enfants 0,20
Bureaux 7h 1/2 Rideau 8h précises.

        Comme la première fois, la salle fut comblée et le triomphe des acteurs fut complet et merveilleux. On regretta seulement de n'avoir pas plus souvent de semblables soirées.

Les journaux

        Le Journal d'Indre et Loire du 23 mars, raconte en ces termes une autre fête qui fut aussi très réussie :
        On nous écrit de St Martin le Beau :
        "Les jeunes gens de St Martin le Beau, Athée et Montlouis, avaient organisé pour la Mi-Carème une petite fète cycliste qui a été fort réussie.

La cyclidiantina

        La cyclidiantina a parcouru successivement tous les bourgs de nos environs jusqu'à Azay S/Cher. Un banquet qui terminait la fète, a eu lieu chez M. Chotard, maitre d'hotel à Athée. Vers 10h du soir, les cyclistes se rendaient à St Martin le Beau par une nuit noire, pour assister au bal organisé à la Boule d'or. Le long de leur route, ils butèrent sur de grosses pierres qui avaient été placées intentionnellement dans les descentes.
        Le vent étant des plus violents, les lanternes s'éteignaient à chaque instant; et c'est grâce à une lanterne à acétylène, qui seule put rester allumée, que nos cyclistes purent éviter des accidents sérieux.

Malveillance

        Vers 1h 1/2, quelques jeunes gens d'Athée, revenant du bal à bicyclette, furent encore arrêtés en face le village de Martigné, commune d'Athée, par un fil de fer tendu en travers de la route.
        Grâce à l'allure modérée à laquelle ils marchaient, les chutes furent évitées.
        Ce n'est pas la première fois que pareille tentative est faite en cet endroit; il y a quelques semaines, un jeune homme du pays, revenant à pied à Athée, se heurta à un fil de fer barrant la route."
        A la suite de cette escapade, la Gendarmerie de Bléré vint faire des enquêtes, et les auteurs de cette canaillerie rentrèrent prudemment la tête.
        Une sortie de la Fanfare eut lieu à l'occasion de la fête de Pâques, messe en musique, et dans l'après-midi concert sur la place de la Mairie. Un peu plus tard, ce fut l'Assemblée qui réunit encore nos musiciens et leur permit de faire apprécier leur talent.

Procession au Pavillon

        Les Processions en 1898 eurent ceci de particulier, qu'au lieu d'aller au Chateau, à cause de l'anniversaire de la mort de Madame Collinet, on se rendit au Pavillon ancienne maison du Notaire, actuellement dépendant du Chateau. Là, dans un bosquet d'une admirable fraicheur, se dressait le reposoir devant lequel la fanfare exécuta quelques beaux morceaux.

Un accident

        La 2e Procession, suivit le parcours ordinaire, à la suite de la procession, on rentra dans l'église, la fanfare, montée dans la tribune, joua plusieurs airs religieux et pendant ce temps, M. l'abbé Mesnage, fit la quête dans l'assistance. Au moment où M. le Curé passait sous la tribune, une des Cymbales, placée trop près de la balustrade, glissa tout à coup et lui tomba sur la tête, le blessant assez sérieusement, heureusement cet accident n'eut pas de suite.

La St Victor

        Le 21 Juin, fête de la St Victor, la fanfare voulut faire à M. le Curé une agréable surprise, et vint avec les membres honoraires lui souhaiter sa fête. On lança dans les airs un nombre considérable de fusées, et l'on offrit un superbe bouquet qui fut ensuite arrosé joyeusement.

Une fête au chateau de Nitay

        Vers cette époque, Madame la baronne Liébert de Nitray, ayant organisé une fête pour les enfants du pays, la Fanfare y préta son concours. Un entrain considérable y régna, on demanda à danser un quadrille où plusieurs personnes du Pays se firent remarquer notamment un nommé Martin dit Berdal, ancien gardien du Pont de Chandon, qui dansa avec une grace incomparable!!! Pendant ce temps, le chien de la maison, qui n'a pas l'oreille musicale, sautait comme un enragé dans le pavillon d'un trombonne qu'il ne parvenait pas à faire taire.

La Fête Nationale

        Le lendemain, on féta la République avec le cérémonial ordinaire, le soir retraite aux flambeaux et feu d'artifice.

1ere Fête de St Henry, au chateau de la Chesnaye

        Le lendemain, fête de M. Henry Collinet, une grande sollenité fut organisée au chateau de la Chesnaye. Vers 2 heures les deux musiques du Pays et les Sapeurs-Pompiers, furent convoqués au chateau et bientot arriva la meute de l'Equipage de La Croix dont Monsieur Collinet est un des maitres.
        Les Piqueurs, conduits par Vausselet, entrèrent dans l'avenue en sonnant du Cor, puis la Fanfare et l'Union musicale leur répondirent.

Illuminations feux d'artifices

        Le soir, on improvisa une fête de nuit, les environs du Chateau furent illuminés, de nombreuses lanternes vénitiennes s'allumèrent. Vers 8h1/2, les deux sociétés musicales revinrent en retraite aux flambeaux, assister au feu d'Artifice qui fut tiré du haut de la ruine par M. le Curé et Robineau; le canon se fit entendre.
        Entre temps, un quatuor de trompes de Chasse sonnait du haut de la tour, et l'assistance nombreuse assise sur le gazon écoutait avec bonheur ces accords auxquels répondaient tour à tour les deux musiques dispersées dans le parc. Inutile de dire que les raffraichissements furent distribués abondamment à tous les artistes.
        Pour la première fois M. l'abbé Mesnage se mit au rang des musiciens de la Fanfare d'Athée, dont il fit désormais partie.
        A l'occasion d'une de ces fêtes M. le Curé, dans la cour du presbytère photographia la Société et obtint l'épreuve que l'on trouvera ci-contre.

Procession de l'Assomption

        Le 15 aout, fête de l'Assomption, la Fanfare sur la demande de M. le Curé, préta son concours à la Procession qui fut des plus solennelles et se déroula dans les magnifiques allées du parc de M. Collinet.

Remaniement du répertoire

        Au mois d'Octobre, M. L'abbé Mesnage voulant que désormais la fanfare fut à la hauteur de sa mission, entreprit de remanier tout le répertoire des anciens morceaux, et de remettre le tout dans un classement parfait.
        Après un mois entier, employé à recueillir de coté et d'autres les parties séparées, à décoller celles qui avaient été mal montées, à les recoller sur de nouveaux cartons, Il se trouva que la Société possédait sans le savoir, soixante quinze morceaux de tout genres, absolument complets, et pourtant on en détruisit encore au moins 20 qu'il fut impossible de compléter. La liste de tous ces morceaux fut dressée sur un cahier spécial confié à l'Archiviste, et sera affichée sur un tableau dans la salle des répétitions de la Fanfare.

Le Cachet de la Fanfare

        Chaque morceau est dé:sormais classé, marqué du cachet de la Fanfare, et les parties, remises en un ordre parfait sont attachées par paquet et réunis sous une étiquette, portant le nom du morceau. Le tout est entre les mains de l'Archiviste actuellement M. Arthur Landré, qui en a la garde.
        A la Toussaint,une messe en musique nous procura encore le plaisir d'entendre la Fanfare, mais ce fut la Ste Cécile qui eut cette année là le plus d'éclat et d'entrain.

La Ste Cécile, Grande retraite aux flambeaux

        La sollenité religieuse, fut d'abord des mieux réussies. Il faisait un temps merveilleux et la Fanfare était au grand complet. Aussi le soir, on se donna rendez-vous pour la Grande retraite aux flambeaux. M. le Curé avait remplacé les quelques porte-lanternes qui servaient précédemment par des arbres de lumières, composés de cerceaux superposés auxquels se balançaient cent cinquante lanternes vénitiennes. Douze torches au pétrole, empruntées à St Martin le Beau, augmentaient l'illumination, et deux lanternes à acétylène complétaient l'Eclairage. Des feux de Bengale s'allumaient pendant la marche derrière la musique, et l'on voyait aussi des chandelles romaines, lançant dans les airs des globes aux riches couleurs.
        On ne se souvient pas à Athée d'avoir vu jusque là une aussi imposante manifestation musicale, aussi, plus de deux cent personnes suivaient la retraite barrant les rues du bourg et marquant le pas derrière la Fanfare.
        De là on se rendit au Bal chez Chotard où l'animation et la bonne humeur furent tels qu'on en garde encore aujourd'hui le souvenir.

Mouch'ton pif!!

        A l'occasion de la Ste Cécile, M. l'abbé Mesnage avait composé pour la Fanfare, un Pas redoublé original intitulé "Mouch'ton pif"
        La "Touraine Républicaine d'Indre et Loire" rendit compte en ces termes de cette belle journée :
        "Dimanche 20 Novembre, la Fanfare d'Athée célébrait solennellement la Ste Cécile. Dès la veille au soir, les salves d'artillerie et la retraite aux flambeaux nous annonçaient la fête.
        Le Dimanche matin, à la suite de la messe en musique, la Fanfare est partie rendre visite à M. le Maire, et de là dans les deux chateaux de la Commune où des rafraichissements délicatement préparés attendaient les musiciens.
        Partout on a été unanimes à rendre hommage au talent des artistes et de leur nouveau chef M. A. Martin, les morceaux étaient d'ailleurs bien choisis et exécutés d'une façon irréprochable.
        Le soir, à 8h1/2, une splendide retraite aux flambeaux a sillonné les rues du bourg aux accords d'un entrainant Pas Redoublé, et la jeunesse du pays, qui suivait joyeusement, s'est rendue chez Chotard-Monmousseau, et dans une salle brillamment décorée a été donné un bal, surprenant d'entrain et de bonne humeur qui a terminé la fête."

M. A. Martin
chef de la Fanfare

        Nous avions omis de dire, que quelques semaines avant la Ste Cécile, M. André Martin fut nommé chef de la Fanfare à l'unanimité en remplacement de M. Paul Hardion démissionnaire. Les appointements du nouveau chef furent fixés d'un commun accord, à la somme de cent francs.

Le baton du Chef

        Le jour de Ste Cécile, au nom de la Fanfare M. le Curé offrit dans la tribune de l'Eglise, à M. A. Martin, un superbe bâton de Chef, qui porte inscrit sur une de ces bagues :"A. Martin 22 Novembre 1898". Ce baton était offert au chef par un certain nombre de sociétaires qui s'étaient cotisés à cet effet.

Une suite d'incidents

        La fête de Ste Cécile eut son coté désagréable : un certain J. Rateau, excité par la bande adverse, était venu à nos répétitions, s'offrant à grossir nos rangs. Le jour de la fête il vint même à la messe avec la fanfare, mais s'absenta volontairement le reste de la journée, après avoir compromis par sa maladresse le jeune Elie Legeard, qui le soir au moment de la retraite, reçut une semonce de M. le Curé. Le lendemain tout s'expliqua et Rateau reconnu pour le vrai coupable, reçut à son tour les compliments qu'il méritait.
        Un autre incident fâcheux mérite d'être signalé : Un soir de répétition, le sieur Simonneau, membre de la Fanfare, traversant le bourg avec son instrument, par une nuit noire, fut attaqué par un individu qui le bouscula et voulut lui donner un mauvais coup. Simonneau l'évita et finit par savoir que c'était un ouvrier maréchal, que les ennemis de la fanfare avaient gagné à leur cause.

Noël

        La fête de Noël 1898 fut favorisée par un temps vraiment splendide, et après la messe, en musique pendant le concert qui fut donné sur la place de l'Eglise, les musiciens eurent tellement chaud, que quelques uns eurent des commencements d'insolation. L'après-midi, la Fanfare se rendit au Chateau de La Chesnaye offrir ses voeux à M. H. Collinet et, là encore eut lieu un charmant concert largement arrosé de vin blanc avec accompagnement de gâteaux.

Les torches

        Ce fut vers cette époque que la Fanfare, qui pour la Ste Cécile avait emprunté les torches de St Martin le Beau, fit l'acquisition de douze torches au pétrole, comme matériel des retraites aux flambeaux.

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