La fanfare d'Athée

1892-1895

Livre X
La Croix de Vallet
1892
Cousin chef de fanfare

        Au 31 Mars 1892, La Société, s'étant entendue avec un excellent musicien de Bléré, Monsieur Cousin, le nomma chef de Fanfare; il remit bientot tout en place, et la Fanfare reprit un nouvel essor. Nous lisons en effet au livre de la Paroisse d'Athée le compte-rendu suivant :
        "Le 15 Mai 1892, la procession partit de l'Eglise pour se rendre à la Croix de Vallet. Depuis quelques années, cette croix était tombée; la famille Berthtelot, propriétaire en ce village, l'avait remplacée, et M. le Curé-Doyen de Bléré, l'abbé Raimbault, était venu la bénir. La Fanfare d'Athée prèta dans cette circonstance son gracieux concours, et fut reçue par M. Berthelot qui lui offrit des raffraichissements copieux et variés."
        Bref, les fêtes aussi reprirent leur cours, et Pâques, la Fête-Dieu, la fête Nationale, l'Assemblée, etc, furent célébrées avec le concours de la Société.

La Ste Cécile

        La Ste Cécile, reparut avec sa gaité traditionnelle et chacun se fit un immense plaisir de dépenser son activité ses talents et sa bonne humeur pour la rendre plus solennelle.
        La Fête de Pallu à la St Eloi, fut récidivée de l'année précédente, tout s'y passa avec une gaité remarquable.

2e Fête au Pallu

        Un certain Louis Gardeau y fit même un calembourg assez plaisant, bien qu'un peu hasardeux : un nommé Girard, à qui on avait confié le drapeau, le portait d'une main et offrait l'autre bras à une demoiselle dont une jambe était légèrement plus courte que l'autre. Gardeau dit tout à coup à Girard : Sais tu quelle différence il y a entre ta cavalière et les sardines à l'huile _ Réponse : ???? _ Eh bien reprit Gardeau : ta cavalière boite en marchand, et les sardines à l'huile : ........ boite en ferblanc !!!!!!!!!!!
        Ce qui ne fut pas aussi drôle, c'est que le lendemain de son retour, toute la fanfare fut prise de l'Influenza.
        A cette époque, la Fanfare inscrivit comme membre honoraire, M. Albert Berthelot de Vallet, qui offrit une cotisation annuelle de dix francs.
        Et l'année se termina dans le plus grand calme.
        L'Exposition de Tours n'avait pas attiré nos musiciens, ils ne s'y rendirent qu'individuellement réservant leurs talents pour des combats plus sérieux.

Livre XI
A Toucheronde
1893
Chez M. Cousin

        L'année 1893 se déroula comme l'année précédente, rien ne vint en troubler l'harmonie, les sollennités habituelles, y retrouvèrent la fanfare toujours dévouée.
        On se souvient pourtant d'avoir été un jour en troupe chez le chef M. Cousin qui demeurait alors à Toucheronde près de Bléré. Là, une soirée récréative et un diner d'amis furent encore pour la société une occasion de réjouissances. Le Chef, à cette occasion, avait composé spécialement pour la circonstance, un Pas Redoublé entrainant, intitulé "Les refrains de Toucheronde".

La Ste Cécile

        La Ste Cécile ne fut pas oubliée, et après la fête religieuse, le bal ne fut pas des moins réussis.

3e fête au Pallu

        La St Eloi à Pallu, pour la 3e et dernière fois, fut célébrée par la Fanfare, on y continua les traditions de joie et de bonne humeur des années précédentes. Le Chef, s'étant mis au piano pour prendre l'accord avec les autres instruments, Jules Hardion toujours farceur, s'avança pour accorder sa Grosse-Caisse, ce qui fit rire toute l'assistance.
        Cette fête de Pallu, termina l'année, et dès lors, on se contenta d'inviter quelques musiciens pour aller donner le bal soit à la fête, soit à l'Assemblée.
        Un jour, Madame Rondeau qui ignorait que Volant avait quitté la Fanfare, l'invita à venir avec ses musiciens pour le bal en question. Il ne se fit pas prier et prit ses dispositions, désignant des membres de l'Union Musicale pour l'accompagner et notamment M. Ouchet.
        Mais J. Loiseau, un de nos sociétaires, s'étant aperçu de l'erreur, prévint Madame Rondeau qui écrivit au Sieur Volant de ne pas se déranger. Ce furent dès lors : Loiseau, Martin et Chotard qui furent désignés pour ce concert.

Livre XII
Mort du Président d'Honneur
1894
Le Baron Charles Liébert de Nitray

        L'année 1894 commença sans incidents, et toutes les sorties et fêtes de la Fanfare, suivirent leur cours joyeux, jusqu'au jour où un nouveau deuil vint frapper la Société dans la personne de son Président d'honneur.
        M. le baron Charles Liébert de Nitray ancien maire d'Athée, avait toujours été très dévoué à la Société Musicale; l'aidant de ses conseils et de ses générosités, il avait accepté dès l'origine des membres honoraires, le titre de Président d'honneur qui lui avait été décerné à l'unanimité.
        La Fanfare, considérant la perte qu'elle venait de faire, délégua ses membres honoraires, qui furent chargés de porter aux funérailles une couronne de reconnaissance et de regrets.
        La sépulture eut lieu à Tours au Cimetière de la Salle, la couronne fut portée dans le cortège par MM. Emile Legeard président et Silvain Landré membre honoraire.
        L'inscription de la couronne était ainsi conçue "A son Président d'honneur, la fanfare d'Athée."

La Ste Cécile

        La Ste Cécile réveilla encore les accents de la fanfare, et la société s'aperçut que ses réunions ne diminuaient pas et que les sympathies des habitants lui étaient acquises, car pour le bal, une foule considérable se pressa d'accepter l'invitation des musiciens.

Réunion du Bureau

        Le 31 Décembre, dans une réunion du Bureau et du Sous chef de fanfare Paul Hardion accompagné d'André Martin, il fut décidé qu'il serait fait deux répétitions par semaine, sauf la veille des sorties, où ils pourraient à leur gré en faire une troisième == Qu'au mois de Novembre, Décembre, Janvier et Février, ils en feraient 3 par semaine.
        Ils seront payés à raison de un franc chacun par répétition. Les paiements auront lieu par trimestre par le Trésorier. Le Trésorier adjoint se rendra exactement compte des répétitions faites et avisera le Trésorier Général.

Livre XIII
Changement du curé d'Athée
1895

        Le premier Janvier 1895,la Fanfare, confirme ses traditions, va offrir ses voeux à ses membres honoraires notamment à la Chesnaye et chez M. le curé.
        La St Vincent se présente comme chaque année, avec l'obligation de prèter gracieusement son concours;

M. l'abbé Hénault

        Pâques arrive aussi, avec la joie mèlée à la tristesse, car M. l'abbé Hénault, depuis 20 ans curé de la paroisse d'Athée, et soutien dévoué de la Société musicale, annonce son prochain départ.
        La Fanfare, perdant en lui un puissant protecteur et un ami généreux, vient lui faire des adieux en lui offrant un cadeau, à titre de reconnaissance et de souvenir.

Discours du Trésorier

        Le Trésorier Général M. Auguste Saulquin prenant la parole, lui dit en termes émus le discours suivant :
"Monsieur le Curé :
        "Au nom de la Fanfare d'Athé et de ses membres honoraires :
        "La Fanfare est venue comme d'habitude le jour de Pâques, vous rendre visite, mais cette visite étreint tous les coeurs de notre société, en songeant que c'est la dernière fois que nous sommes réunis ici avec vous.
        Nous venons donc M. le Curé vous dire adieu ou plutôt Au revoir, car plusieurs d'entre nous ne seront pas sans vous revoir, mais helas ! passagèrement.
        M. le Curé, il nous reste donc beaucoup à vous remercier du bon accueil que vous nous avez toujours fait, nous en garderons longtemps un précieux souvenir.
        A l'occasion de votre départ si regretté, la Fanfare ainsi que ses membres honoraires, se font un devoir de vous offrir un petit présent en signe de reconnaissance, et en même temps pour vous témoigner toute l'affection qu'ils ont toujours eue pour vous; Car avec vous la Fanfare a toujours subsisté, groupée autour de ce cher drapeau qui fut jadis l'occasion d'une si belle fête.
        "Merci M. le Curé, mille fois merci."

Installation de M. l'abbé Mesnage

        Le 12 juin eut lieu l'Installation de M. l'abbé Mesnage, nouveau curé d'Athée, qui venait de St Martin le Beau.
Le Presbytère étant en réparations, le nouveau curé n'y vint pas habiter de suite, mais présida cependant les processions de la Fête-Dieu auxquelles la Fanfare prêta son concours.
        Le 17 juin de cette anné, son éminence le Cardinal Meignan archevèque de Tours, vint à Athée pour y donner la confirmation. M. Mesnage qui n'habitait pas encore Athée, invita cependant la Fanfare pour la Cérémonie, ce concours ne lui fut pas refusé, et le Cardinal, après la Confirmation, s'entretenant dans la cour du Presbytère avec les musiciens, les remercia et les complimenta, leur demandant les noms des clés musicales, et leur recommandant de ne pas oublier la clef de la cave.

La fête Nationale

        La fête Nationale, où la fanfare se fit encore entendre donna l'occasion, à un plumitif de l'autre troupe, de lancer un chef d'oeuvre de style et de bonne foi dans la trop fameuse Dépèche du Sieur Wilson (19 juillet 1895)
        Voici ce charmant morceau :
        "Samedi à 8h du soir retraite aux flambeaux par l'Union Musicale et les Pompiers, à 9h Salve d'artillerie
        Dimanche à 5h 1/2 du matin salve d'artillerie
        A 1h revue de la subdivision des sapeurs-pompiers par M. le Maire, à 2h1/2 banquet par souscriptions.
        A 4h jeux de la poële, du baquet, mat de cocagne, course pédestre, course en tonneau
        A 5h l'Union Musicale d'Athée, sous l'habile direction de son chef M. Th. Ouchet a fait entendre les plus beaux morceaux de son répertoire qui lui ont valu au concours de Niort, une médaille d'argent et une médaille de vermeil
        A 8h 1/2 retraite aux flambeaux par les pompiers et l'Union Musicale, à 9h feu d'Artifice.
        A 10h la jeunesse s'est rendue dans la salle de danse de M. ouchet où elle a dansé jusqu'à une heure fort avancée dans la nuit. Un seul incident à signaler pendant cette fête pleinement réussie.
        La fanfare d'Athée (ne pas confondre avec l'Union) 11 exécutants, a fait pendant les jeux entendre les plus bruyants morceaux de son répertoire.
        Pendant ce temps leur grosse caisse se fachait, faisant un vacarme indexscriptible, se débattant, croyant faire peur à tout le monde, heureusement personne n'eut peur.
        Cette fanfare, pendant la retraite, a voulu elle aussi s'essayer à faire une certaine retraite, mais sans réussite. Chaque exécutant tenait une bougie dans la main, en ayant l'air de ce moquer de ce jour de 14 juillet, jour qui a causé tant de peine à nos aieux, pour nous conquérir cette liberté qui nous est si chère aujourd'hui.
        Allons belle Fanfare, ne vous occupez pas du 14 juillet, la St Henri ou le 15 Aout sont mieux votre affaire"
        Oh la la !! quel pathos !!! ça vous fait bien mal n'est-ce pas belle fanfare ! Allons laissez crier ces malheureux c'est leur suprème consolation.
        A la Toussaint, la Fanfare, sans s'inquiéter de ceux qui aboyaient autour d'elle, se remit à l'oeuvre et suivit ses traditions et se rendit à l'église.

La Ste Cécile

        La Ste Cécile se passa sans incident facheux et meme avec un entrain remarquable, et l'année se termina dans un calme parfait. Heureux jeunes gens que les discordes voisines ne dérangeaient pas, et qui ne connaissaient pas les remords de la jalousie et de la méchanceté.

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