La fanfare d'Athée

1891

Livre IX
La Palme
1891

        Au commencement de l'année 1891, comme la Fanfare avait pris vis à vis de son chef, des engagements très onéreux, M. l'abbé Hénault qui s'intéressait vivement à la société, donna 100. et continua ainsi tant qu'il resta Curé d'Athée. Cette somme, jointe à une somme égale que versait chaque année Madame Collinet, comme membre honoraire, et aussi les cotisations des autres membres, permirent à la Fanfare, de faire honneur à ses affaires.

Réunion générale

        Une circulaire dont nous donnons la copie, provoqua une réunion générale le 3 Mai 1891
            M.
        Vous êtes prié d'assister le dimanche 3 mai 1891 à 4 heures du soir, salle Chotard-Mommousseau, à la réunion générale des membres honoraires de la Fanfare d'Athée.
        Nous prenons la liberté de vous rappeler que le versement de votre cotisation annuelle doit avoir lieu à cette réunion.                                              Le Président                               Le Trésorier
                                             G. Legeard                                   B. Saulquin
                                                                   Le chef de fanfare
                                                                   D. Volant
        On proposa dans cette réunion, différentes modifications au règlement, qui furent arrétées le 31 mai suivant.
        En voici le texte exact, pris sur le cahier du Trésorier Général Auguste Saulquin :

Modifications

Modifications au Règlement

Séance du 31 Mai 1891
Membres du Bureau

        Lorsqu'il y aura réunion des membres du Bureau et que l'heure sera fixée par le président, Tout retard de trente minutes, aura une amende de vingt cinq centimes. Toute absence, une amende de cinquante centimes. Toutefois, il y aura révision par les membres du bureau suivant les excuses présentées par le retardataire ou l'absent.

Décret
concernant le Chef, le Sous-chef de Fanfare
et les membres exécutants :

        Toutes les répétitions inscrites au Règlement, sont obligatoires pour tous les membres, on ne peut s'en abstenir sans avoir prévenu le chef ou son représentant avant l'heure de la séance.
        Les amendes sont fixées comme il suit :
Répétition ordinaire : retard (30 minutes) 0.,10c absence 0.,20c
Répétition supplémentaire _ id _ id
Sorties obligatoires : retard . . . . 0,25 _ _ _ 0,50
Le Sous-chef le double des membres exécutants,
Le Chef, le double du Sous-chef.
        Les sorties obligatoires sont : La Toussaint, La Ste Cécile, Noël, le 1er Janvier, la St Vincent, Pâques, l'Assemblée, la Fête-Dieu, et le 14 Juillet.
Néanmoins, il y aura révision des amendes pour les retardataires ou absents par six membres exécutants nommés par voie de tirage au sort.
        Les sorties supplémentaires seront fixées par le chef qui consultera la Société, à la majorité plus une voix.
        Les amendes seront votées à la majorité absolue.

        Tout sociétaire, désirant recevoir la Fanfare chez lui, devra en avertir le chef de Fanfare, pour lui permettre de prévenir ses exécutants.
       

En cas d'impossibilité, le chef en donnera connaissance à l'intéressé.

Concours de Tours
Inauguration de la Passerelle

        Il fut aussi décidé, que la Fanfare prendrait part au Concours de Tours, organisé à l'occasion de l'inauguration de la Passerelle des gares d'Orléans et de l'Etat.
        Cette passerelle fut inaugurée par M. Yves Guyot, alors ministre des travaux publics et sous M. Fournier maire de Tours.
        Le 14 Juin la Société se rendit à Tours pour ces solennités et après un brillant concours, revint avec une palme de Vermeil qu'elle attacha à la hampe du drapeau.
        Les succès de nos musiciens, empêchaient de dormir l'Union musicale, qui se répandit encore une fois en injures contre la Fanfare, et ce ne fut pas seulement ce coté que vinrent les attaques, nous lisons en effet dans l'Union Libérale quelques jours après le Concours de Tours, l'entrefilet suivant :
        "Il n'y a pas de bon concours musical sans réclamation :
        En voici une qui nous arrive sur le concours de Dimanche :
        La Fanfare d'Athée, se serait fait attribuer le premier prix de la 3e division 3e section en se procurant le concours de cinq musiciens étrangers à la société.
        Nous ne savons ce qu'il y a de fondé dans cette dénonciation qui nous a été transmise par la fanfare de La Croix, musique concurrente.."
        "Nous la transmettons à notre tour à qui de droit."
        Le 6 Aout 1891, M. le Vicomte Foy candidat au conseil Général, donna à la Fanfare une subvention de trente francs.
        Au 14 Juillet, à l'Assemblée, la fanfare prit comme toujours une part active à la fête.

La Ste Cécile

        La Ste Cécile fut comme à l'ordinaire une solennité pleine d'entrain, et le bal qui termina la fête, fut des plus animés.

1ère Fête au Pallu

        Il y avait à cette époque au Pallu, commune de Cigogné, une dame Rondeau, généreuse bienfaitrice de la localité, qui s'avisa d'inviter la Fanfare à la fête de St Eloi fête des laboureurs.
        Nos jeunes artistes, qui ne savaient point refuser leur concours, surtout pour les fêtes, se rendirent à son chateau, et la soleenité attira toute la population et même celle des bourgs voisins.
        Il faut dire que Mme Rondeau s'était montrée d'une amabilité et d'un entrain merveilleux. La musique fut reçue dès le matin à un bon petit déjeuner, puis se rendit à la Gd Messe où elle exécuta plusieurs morceaux remarquables. De là, on se rendit à un déjeuner copieux après quoi la jeunesse sauta un peu. Le diner, non moins succulent, suivit de près le déjeuner, qui n'avait pris fin qu'à une heure tardive; et à la suite du diner, fut donné un grand bal qui dura la nuit entière et fut cloturé par un réveillon Pantagruélique. Dans les intervalles de la danse, on chantait des chansonnettes comiques, romances, etc. etc. Des artistes distingués comme Jules Hardion, Guerrier et autres, faisaient valoir leurs talents.On se souvient de "J'ai perdu mes godillots" et de la chanson :" Les trois Belles-Mères".
        Au diner, on chantait en choeur la Marseillaise. Les plus agés et les plus sérieux, y firent des parties de cartes homériques; ainsi Aimé legeard et Etienne Marchand, restèrent parait-il jusqu'à 15 heures à la même table sans s'apercevoir que la pendule allait son chemin.
        Ces fêtes de Pallu, avaient toujours lieu le Samedi qui suivait la fête de St Eloi.
        On comprend, qu'avec de pareilles distractions, on ne s'ennuyait pas à la Fanfare.

Récriminations

        Depuis plusieurs mois déja, le Chef Volant se plaignait au Trésorier, de ne point être payé régulièrement et de n'avoir plus de morceaux de musique; il parait que ces plaintes ne produisaient pas grand effet, car il écrivit au moins trois lettres pour réclamer, et menaça de quitter la Fanfare.
        Le 22 décembre, un certtain nombre de musiciens écrivirent au Président la lettre ci dessous :
        "Monsieur le Président.
        Nous avons l'honneur de vous informer qu'à partir de ce jour, nous allons garder nos cotisations mensuelles pour avoir des morceaux, car voila plus d'un an que nous jouons toujours les mêmes, nous en sommes ennuyés, c'est dégoutant de jouer toujours la même chose, et nous espérons que si nous versons de l'argent, c'est pour avoir des morceaux.
        Nous avons l'honneur de vous saluer.
        Les membres exécutants ;
(Signé) Fouassier Honoré, Gerbier Sylvain, Simonneau Julien, Hubert Léon, Chotard Arthur, Audiger Hippolyte, Imbert Stanislas, Bichet Henri, Fouassier Julien, Pasquier Léon, Landré Emile etc."
        Evidemment, il y avait quelques modifications à faire; Voland se retira définitivement et se lança dans le . . . . . Spiritisme !!!!
        On le voit, les années se multipliant, la Fanfare restait debout, surmontant tous les obstacles, enregistrant des succès, et ne reculant pas devant les embûches qu'on leur tendait avec autant de ruse que de fourberie.
        Quoiqu'il en soit on ne trouve nulle part une preuve de malveillance émanant de cette jeune société à l'adresse de ses ennemis qui pourtant essayaient sans cesse de pousser à bout sa patience et sa tranquillité.

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