La fanfare d'Athée

1889

Livre VII
Une joyeuse et glorieuse année
1889
Un bal

        Grâce aux étrennes du 1er Janvier 1889 la Caisse se trouvait en possession de 35.,80!!! Allez donc dire que la Fanfare ne faisait pas ses affaires!!! Aussi, quand vint le mois de Février, on fixa au 16 un grand bal de Société pour le quel on fit imprimer des lettres d'invitation ainsi conçues :
        M.
        Vous êtes prié d'honorer de votre présence le Grand bal de Société offert par la Fanfare d'Athée, le samedi 16 Février 1889, a huit heures du soir, Salle Chotard Mommousseau.
        Une mise décente est de rigueur.
        Cette lettre servira de carte d'entrée.
Ce fut parait-il une soirée mémorable, par la gaité et l'animation qui ne cessèrent d'y régner.

Préparatifs

        L'Exposition Universelle de Paris avait tenté nos artistes, ils avaient économisé afin de pouvoir s'offrir un voyage dans la Capitale, et travaillaient avec ardeur à préparer des morceaux pour prendre part aux concours qui devaient avoir lieu au mois de Juillet.
        Sur ces entrefaites, la bannière de la fanfare, un peu maltraitée par le soleil, la pluie et aussi par ses nombreuses années d'existance, ne parut plus convenable pour se présenter aux Parisiens et leur exhiber les vieilles médailles des premiers triomphes. On essaya donc de réunir une somme assez forte, pour avoir non plus une bannière, mais un magnifique drapeau tricolore, où des broderies d'or représenteraient divers emblèmes musicaux et qui porterait cette mention : Fanfare d'Athée 1889.

Le Drapeau de la Fanfare

        M. l'abbé Hénault curé de la paroisse tant dévoué à la Fanfare, se chargea de recueillir les offrandes, la sienne ne fut pas la moindre.
        M. le baron Charles Liébert de Nitray offrit pour sa part cinquante francs; et huit jours avant le Concours de Paris, le drapeau surmonté d'une lyre dorée et d'un porte-médailles déja assez garni, fut solennellement béni par l'abbé Hénault à la suite de la messe du Dimanche, et cette cérémonie fut pour lui l'occasion de faire un émouvant discours patriotique qui releva encore la beauté de cette réunion.
        Mais avant de partir pour le voyage tant désiré, il fallut s'assurer des fonds disponibles et chacun des musiciens ayant sorti ses économies on ouvrit une souscription. Voici les noms de ceux qui s'inscrivirent pour trente francs, ce fut le plus grand nombre. M.M. Voland, Imbert, Aimé Legeard, Auguste Legeard, Gardeau, Boileau, Jules Hardion, Félix Hardion, Besnard, Fouassier, Martin, Chotard, Simoneau. Paul Hardion versa seulement 15., M. Etienne Marchand 50., M. l'abbé Hénault 70., Madame Collinet donna 200. ce qui fit un total de 725.
        La vie était assurée à Paris, on prit les dispositions dernières pour s'y rendre.

La jalousie

        Les Ennemis de la Fanfare, poussés par une jalousie qui ne désarmait pas malgré son peu de succès, écrivirent à Paris pour indisposer si c'était possible le Jury contre la Société, disant que plusieurs membres étrangers figuraient sur les rangs. On verra plus loin comment le Jury se moqua de ces démarches déloyales.

Départ pour Paris

        Enfin le grand jour du départ avait sonné. On arrive à Tours, et vers 9h du matin on s'en va répéter chez M. l'abbé Maugis au cercle Ste Marie rue des Ursulines. La joie et quelques bouteilles absorbées trop vivement, avaient détraqué la musique; et tout le monde s'accorda à dire que si le jour du Concours on ne jouait pas mieux, on rentrerait avec une belle veste. Heureusement que la longueur du trajet devait calmer un peu les cerveaux agités.
        Dans le train, la plus joyeuse animation règna jusqu'à Vouvray. Là, un des artistes comiques de la troupe, le sieur Jules Hardion, qui faisait une gymnastique héroïque d'un compartiment à un autre, laissa sans le savoir tomber sa casquette d'uniforme par la portière. S'en étant aperçu plus loin, il la réclama à la gare de Vernou, et si les autres riaient, lui ne s'amusait guère.

Entrée dans la Capitale

        Enfin, après mille et mille plaisanteries et chansons, on arrive à Paris. Un sieur Gerbier, originaire d'Athée, alors garçon de salle à paris, vint au devant de la Fanfare qu'il conduisit à un hotel restaurant, du quai de la Rapée. Il parait que comme nourriture c'était satisfaisant, mais pour le coucher, outre que les lits étaient un peu justes pour loger deux personnes, ils étaient envahis par des animaux tellement affamés, que plusieurs musiciens, notamment Besnard, se plaignirent d'avoir été dévorés, et de n'avoir pu dormir.

Le Concours

        Le lendemain de l'arrivée, entre 9h et 11h eut lieu le Concours, dans une école du quartier de Montrouge. Les prix furent distribués le jour suivant; et revenant du Concours, la Fanfare se rendit rue Pasquier, à l'hotel de Madame P. Collinet où était descendu M. l'abbé Hénault. La généreuse Chatelaine donna 20. aux musiciens comme remerciement et ce n'est qu'à une heure tardive qu'ils se séparèrent et s'égarèrent dans Paris en cherchant leur hotel.
        Durant les 6 journées que les musiciens passèrent dans la Capitale, il y eut de nombreux incidents que nous n'avons pas la prétention de les relater tous mais pourtant, il faut bien en raconter quelques uns.

L'ami Boileau!

        D'abord, pour le Concours, un certain Colache, employé chez l'Editeur Vimeux, était venu prêter son talent pour aider nos musiciens, prit la casquette de Boileau au quel il passa son chapeau. Comme le chapeau était trop grand, Boileau se vit obligé d'en remplir le vide avec son mouchoir qui dépassait sur le front, ce qui lui donnait un air des plus comiques.
        Puisque nous en sommes à Boileau, parlons un peu de ses exploits. Un jour, dans une promenade à travers les rues de Paris, notre homme qui déja lisait dans les grands livres, rencontra des Japonais et Japonaise, et s'avisa de leur demander des renseignements sur leur pays. Il fut absolument stupéfait de ne pouvoir se faire comprendre et s'en alla vexé de n'avoir rien entendu à leur conversation. Dans une autre rue, il fut bousculé par un passant, et tomba si malheureusement, qu'il s'abima le pouce. Julkes Hardion qui l'accompagnait, le conduisit chez un Pharmacien, lequel pansa la blessure. Quant il fallut verser les cinquante centimes réclamées pour le pansement, Boileau se récria que chez lui, il n'aurait rien demandé pour rendre un tel service. Alors le Pharmacien s'informa s'il était mèdecin ? Non dit Jules Hardion, il est seulement vétérinaire.
        Rentrant à l'Hotel, il ne trouvait plus sa chambre, un voisin complaisant lui indiqua la porte des cabinets d'aisances, et comme ce n'était pas très éclairé Boileau s'y introduisit cherchant vainement son lit.

Suite d'incidents

        Il ne fut pas le seul à qui cette plaisanterie fut faite, un autre, ne trouvant plus son domicile tenta d'ouvrir une porte voisine où les cris d'une demoiselle lui firent comprendre qu'il se trompait d'adresse.
        D'ailleurs, dans une ville comme paris, au milieu d'une animation comme celle de ces jours d'exposition, il n'est pas étonnant que quelques uns fussent désorientés.

Le Chef Voland

        Le Chef voland, accompagné du Père Etienne Marchand, s'étant introduits au bazar de l'Hotel de Ville, avec des camarades, Voland, lancé dans les emplettes, voulait tout acheter : lorgnons fumés, cigares-éventails; etc etc, tout faisait son bonheur; pendant ce temps, les autres étant sortis, il se trouva ainsi que son compère, égaré dans le magasin, et ne put que difficilement retrouver la troupe.
        Le même Voland, s'étant un jour attablé au restaurant de la Tour eiffel, s'ingurgita une omelette, deux livres et demi de pain et surtout un saucisson qui lui fit faire de singulières grimaces du haut de la Tour. Il ne put du reste aller jusqu'au sommet, ou seuls Imbert et Auguste Legeard réussirent à monter. Quant à Voland, il fut saisi la haut d'un mal qui ressemble considérablement au mal de mer, et les passants en eurent peut-être des preuves.
        Ce pauvre Voland fatigué par la marche prolongée avait les pieds tellement malades, qu'étant un jour invité à déjeuner chez M. Vimeux Editeur, il ne put s'empêcher de demander l'autorisation de se déchausser, et sans l'intervention de Paul Hardion qui le rappela aux convenances, les convives auraient été témoins de ce sans-façon regrettable.

Cirrrrculez!!!!!

        Revenant d'une réunion ou d'un défilé, la fanfare s'arréta un jour place de la République et s'avisa d'y donner un concert. On hissa Boileau sur le dos du lion du monument, et on lui mit en main le drapeau de la société, puis se groupant autour de lui, on attaqua la Marseillaise et le Chant du Départ. La foule grossit et entoure les musiciens, quand tout à coup survient un gardien de la paix, qui disloquant les rangs, dit à tout le monde : "Cirrrrculez!".
        Le Chef et les musiciens avaient soif, on alla donc se rafraichir; mais le Chef qui demandait pour lui de petites bouteilles de vin blanc, n'arrivait pas à les boire seul, et se voyant obligé de se faire aider par les autres, qui du reste ne demandaient pas mieux.
        Sur ces entrefaites, une discussion s'éleva pour savoir si oui ou non on irait à l'Hippodrome Jules Hardion voyant qu'on avait adopté la négative, et ayant d'ailleurs d'autres sujets d'ennui, partit avant la Fanfare pour rentrer au Pays.

Le Retour

        Un souvenir pénible de ce mémorable Concours : Les vieilles cymbales furent félées et rentrèrent en fort mauvais état.
        Le retour ne fut pas aussi gai que le départ, les musiciens, fatigués, plus ou moins malades s'ennuyaient passablement dans le train. Pourtant en arrivant à st Martin le Beau, ils eurent encore le courage de jouer quelques morceaux chez Maillard, hotel de la boule d'Or; ce fut presque un malheur, car on les força de boire, et quand ils arrivèrent à Athée, malgré leur bonne volonté, l'exécution des morceaux sur la place de la Mairie ne fut pas des mieux réussies.
        Le Chef lui-même qui s'était retiré pour se reposer chez Chotard, au lieu de félicitations se vit apostropher par Madame son épouse.

Visite aux Chateaux

        Le Dimanche suivant, la Fanfare, fière de ses succès, portant à son drapeau une médaille de vermeille, une médaille d'argent et une autre médaille commémorative en bronze, se rendit au chateau de la Chesnaye et à celui de Nitray pour saluer les généreux propriétaires et leur prouver la reconnaissance de la société.

Concours de Langeais
Fin des cymballes

        Au mois d'Août de la même année, la Fanfare d'Athée se décida à concourir à Langeais à l'occasion d'une fête organisée par la municipalité de cette ville. Paul Hardion n'ayant pas voulu s'y rendre on le remplaça par un nommé Besnier de Tours et on s'adjoignit également un sieur Lévèque qui déja était venu au concours de Paris. C'est aussi à cette époque que Joseph Loiseau entra dans la société.
        La Fanfare n'avait pour concourir que douze exécutants, et se trouva en lutte avec la société musicale de St Nicolas de Bourgueil qui comptait 35 musiciens. Malgré cette inégalité, la Fanfare d'Athée revint avec un 1er prix à vue, médaille de vermeil, un 2e prix d'exécution, médaille de vermeil. Enfin comme dernier épisode du Concours, les malheureuses cymbales furent définitivement brisées, il fallut en faire son deuil.

Fondation des membres honoraires

        Quelques jours après le concours de Langeais, les musiciens eurent l'heureuse idée de chercher à créer un groupe de membres honoraires qui encourageraient les efforts des membres actifs, par leur présence et par les secours que pourraient procurer leurs cotisations.
        Une circulaire fut distribuée à cet effet dans la commune, en voici la copie :
               M.
               Les membres titulaires de la Fanfare d'Athée seraint heureux de pouvoir vous compter au nombre des membres honoraires de leur société.
        Si vous vouliez bien accepter ce titre, ce qui serait pour eux un puissant encouragement, ils vous prient d'assister à l'une des réunions qui auront lieu chez M. Chotard-Mommousseau, les Dimanche 1er et 15 Septembre 1889 à 5 heures du soir.
        Dans l'espoir que vous accueillerez favorablement cette invitation, ils vous prient d'agréer d'avance leurs sentiments de gratitude.
                              Pour les membres titulaires
               Le Chef de Fanfare                                                                                           Le secrétaire
                              Voland                                                                                                     Legeard

Liste des membres honoraires

        Cet appel fut entendu et nous retrouvons la liste de ceux qui se firent inscrire dès cette première année comme membres honoraires.
        C'étaient M.M. le Baron Charles Liébert de Nitray, Emile Collinet == Henry Collinet == Wallet Collinet == Renard (Notaire) == Caraty-Petit == Landré-Berthelot == Bichet-Bertrand == Imbert-Bichet == Besnard-Vaugondy == Nocereau-Mommousseau == Chotard-Mommousseau == Legeard-Germain == Legeard Henri == Boileau-Moreau == Poitevin-Serrault == Martin-Rocher == Marchand-Dubreuil == Vernon-Delétang == Métais-Foassier == Voland-Percereau == Commençais-Molineau == Girardet-Luthier == Saulquin-Beauchène == Vernon Félix == Clavier-Hardion == Delétang-Charles == Hardion Auguste == Veaugeois-Gillet == Hénault (cur´) == Marchand-Avenet == Poitevin-Aimé == Poitevin Léon == Fouassier-Chollet == Barrault-Gerbier == Besnard-Gaucher == Chauveau-Boucheron == Avenet-Hubert == Marnay-Piard == David Adolphe == Mommousseau-Poitevin == Gerbier Julien == Fouassier-Pasquier == Avenet-Hardion == Molineau-Canard == Rateau Léon == Champeaux Jules == Bardet Armand == Gerbier-Fouassier == Gerbier-Bondonneau == Tranchant (couvreur à Tours) == Gallicher-Boileau == Marchand Jean == Avenet-Volant == Molineau-Pillault == Thibault-Belouin == Ross Victor == Mitray == Pasquier-Thurmeau == Longuet père == Hardion Maximin == Thiélou-Hardion == Servais-Lunais == Serrault (charcutier à Azay) == Bernard Constant == Touzay (buraliste) == Foussier-Herbault == En tout soixante et onze membres honoraires dont les cotisations variaient de 1. à 5.

Commission administrative

        Le 13 Octobre 1889 Une séance de la Société réunit la Commission administrative chez Chotard. On y décida : 1) que le diner de la Ste Cécile serait servi par souscription de 2. à 2.25 par tête == 2) Qu'un nouveau règlement serait adopté et imprimé par les soins de M. Lebouvier-Poisson à Tours, à raison de 35. le cent ou 55. les 200 == 3) Qu'il serait délivré à chaque membre un carnet de règlement, moyennant 0.,35 par tête, en plus des cotisations == 4) Que le jour de Ste Cécile, la Société offrirait une brioche de pain béni, aux autorités, ainsi qu'à M.M. Liébert et Collinet == 5) Qu'une autre brioche plus petite serait offerte à chaque membre honoraire == 6) Qu'on distribuerait des insignes à chacun des sociétaires.

1ère réunion générale

        Enfin le jour de la Toussaint eut lieu la première réunion générale de tous les membres titulaires ou honoraires; elle fut provoquée par une nouvelle circulaire ainsi conçue :
               M.
            Vous êtes priés d'assister à la réunion générale qui aura lieu le 1er Novembre 1889 à une heure de l'après-midi, dans une des salles de M. Chotard-Mommousseau

                              Le Président d'honneur
                                      Baron Liébert

                       Le Président,                                                                                                   Le Trésorier
                       E. Legeard                                                                                                          Saulquin B.

       Dans cette réunion on donna lecture du règlement ci après qui fut définitivement adopté. Ayant sous les yeux le livret dont il est ici question nous le donnons en entier avec son titre et toutes ses dispositions.

RÈGLEMENT

Chapitre premier

        Composition de la Société._ Son nom, son but._ Mode d'admission et d'exclusion._

Article premier.

        Il est établi à Athée, une société musicale sous le nom de Fanfare d'Athée; son but est de procurer aux sociétaires, une utile et agréable distraction, de développer chez les jeunes gens le goût de la musique, et de concourir à rehausser l'éclat des fêtes du pays, lorsque la Société le juge à propos.
        Elle se compose de membres non exécutants et de membres exécutants; ces derniers se subdivisent en deux catégories, suivant qu'ils ont fait élection de domicile à Athée, ou qu'ils n'y habitent que passagèrement.
        Les jeunes gens des Communes voisines, sont admis à faire partie de la société comme membres de la deuxième catégorie.

Art.2

        Les Sociétaires, à quelque catégorie qu'ils appartiennent, sont admis en assemblée générale, au scrutin secret et à la majorité des membres présents, sur la présentation de la Commission administrative.
        Dans l'intervalle des assemblées générales, la commission administrative, peut provisoirement admettre un sociétaire et recevoir ses cotisations, qui seraient restituées dans le cas où l'assemblée Générale ne validerait pas l'admission.

Art.3

        Tout membre de la Société doit, en signant son adhésion aux présents statuts, acquitter la somme prescrite par l'article 20 du Chapitre VI.

Art.4

        L'exclusion est prononcée en assemblée générale sans discussion, sur la proposition et le rapport de la Commission administrative.

Art.5

        Cessent de droit de faire partie de la Société : les membres qui n'ont pas payé leur cotisation trimestrielle ou les amendes, dans un délai de trois mois.
        Il peut être sursis à l'application de cette mesure lorsqu'il est prouvé que le retard est occasionné par des circonstances indépendantes du sociétaire.

Art.6

La démission, la radiation ou l'exclusion ne donnent droit à aucun remboursement.

Chapitre II

Organisation de la Société_ Assemblées générales_

Art. 7

        Le nombre des sociétaires, n'a d'autres limites que celles imposées par la loi.
        La Société est administrée par une Commission; composée d'un président d'honneur, d'un président, d'un trésorier général, d'un trésorier adjoint et de sept membres de la Société élus par l'Assemblée Générale.
        Le chef de Musique fait partie de droit de la Commission administrative.

Art.8

        Tous les membres de la Commission, sauf le chef de musique et le trésorier adjoint, sont élus en assemblée générale.
        Le chef de musique est élu par la Commission administrative, à la quelle il est présenté par les membres exécutants.

Livre VIII
La lutte pour la vie
1890
Les Envieux

        Cette organisation sérieuse, cette entente admirable, ces succès répétés, taquinaient beaucoup l'Union musicale et la maison d'en face !! Les plus acharnés de cette société essayaient de semer la division dans les rangs de nottre belle fanfare. Tous les moyens étaient bons, les supplications, les menaces, les plaisanteries, les lettres, les articles de journaux etc etc...

Le chant du B. Rossignol

        Il nous est permis d'en donner ici quelques échantillons.
        Commençons si vous le permettez par l'admirable lettre d'un nommé Billault Rossignol, écrite à Voland chef de la Fanfare.
        Nous avons sous les yeux ce précieux morceau, nous voudrions pouvoir en donner mieux qu'une copie, et vous en présenter la photographie, mais l'encre est trop effacée pour obtenir une bonne épreuve.

Livre VIII
La lutte pour la vie
1890
Les Envieux

        Cette organisation sérieuse, cette entente admirable, ces succès répétés, taquinaient beaucoup l'Union musicale et la maison d'en face !! Les plus acharnés de cette société essayaient de semer la division dans les rangs de nottre belle fanfare. Tous les moyens étaient bons, les supplications, les menaces, les plaisanteries, les lettres, les articles de journaux etc etc...

Le chant du B. Rossignol

        Il nous est permis d'en donner ici quelques échantillons.
        Commençons si vous le permettez par l'admirable lettre d'un nommé Billault Rossignol, écrite à Voland chef de la Fanfare.
        Nous avons sous les yeux ce précieux morceau, nous voudrions pouvoir en donner mieux qu'une copie, et vous en présenter la photographie, mais l'encre est trop effacée pour obtenir une bonne épreuve.
        Voic donc cette éloquente épitre, ce patriotique appel à un ami :
                              "Le 22 Mars 1890
                              Cher Camarade et ami.
        N'ayant pas ut de nouvelle de se que nous avions parler de l'union que tus voulais faire de tas société à la mienne Je m'adresse Directement a toi pour savoir Les résultas difinitives car j'ai en toi toute ma confiançes
                              (Cher Camarade)
        Je croit qunne homme comme toi instruit et inteligent ne doi pas rester en arrière dans l'ignorançe après avoire été Camarade de Jeunesse nous devon l'ètre de vieillesse,
        Tus dois prandre comme tous les camarade un Coeur libre et patriotique.
                              Cher Camarade
        Tus ne fut pour moi jamais qunne ami et tus le seras toujour Je te prie de bien te rendre conte du chemin auquelle tus est Dirigé,
        Emplaçe de ça je te le repète rent toi homme et homme libre et patriotique ran toi cont de ça qu'il çe passait avant l'heureuse jour de la révolution de 1789. Le 14 Jullet la délibération du peuple Lesclavage rompus La liberté pour tous aujourd'huis nous somme sur lavant et continuont et nalon pas sur l'arrière, Jespère voir à notre première sortie qui aura lieu le 13 avril 90 Voir floter devant tes yeux le drapeaux de l'union Musical
                              Drapeau de la liberté
                              Vive La Françe
                              Ve La république
                              Ton ami
                              Billault Rossignol
                              à Bellevue."

        Pour un Rossignol c'est un fameux merle!!!!

Mort de Désiré-Delétang

        Au mois de Février (13) de cette année la fanfare perdit un de ses membres, Désiré Delétang la Société toute entière suivit ses funérailles et une couronne mortuaire lui fut offerte par la Fanfare d'Athée..
        Une des raisons qui avait fait ouvrir le bec au Rossignol de Bellevue, c'était le concert du 23 Mars offert par la Fanfare chez Chotard, et qui fut suivi d'une autre soirée le 30 du même mois.
        Quoiqu'il en soit Voland se servit du prétexte de ces attaques, pour obtenir de la société une augmentation d'appointements. Ceci n'alla pas tout seul, et il fut même question de la part du chef, de donner sa démission.

Un canard trop jeune pour voler !!

        Aussitôt les "Saules pleureurs" de l'Union Musicale laisèrent déborder leurs larmes de crocodiles jusque dans la feuille du trop célèbre Wilson et le 27 Avril 1890 La Petite France, édita le morceau suivant :

Oraison funèbre d'une fanfare

                                                            Athée = on nous écrit le 25 avril =
        La Commune d'Athée possédait deux fanfares; elle vient de procéder à l'enterrement civil de l'une d'elles.
        La musique Cléricale était composée de souffleurs de cuivre ne possédant pas un talent transcendant, l'Eglise, les chateaux avaient à peu près seuls le privilège de les entendre et elle ne se prétait que de mauvaise grâce à nos fêtes civiles républicaines Aussi la municipalité ne la voyait-elle que d'un mauvais oeil.
        Son chef, charretier musicien, surtout spirite enragé, a voulu que la musique paye le spiritisme: de là une demande d'argent. La caisse était vide; le chef donne sa démission; la grosse-caisse, un homme qui lit dans les grands livres, a vu que les esprits lui disaient de quitter la Société : nouvelle démission.
        Alors, malgré les bénédictions du Curé et les largesses des chateaux, la fanfare a jetté son dernier souffle: elle a vécu; les cuivres sont à bas; que la terre lui soit légère !
        La fanfare républicaine triomphe sur toute la ligne, se passant de l'Eglise et des Chateaux, elle a été et sera toujours la musique de notre patriotique population."
        (L'article qui n'est pas signé est l'oeuvre d'un sieur Louis Veillault.)
        A peu près comme N-S J-C. la fanfare qu'on croyait morte à tout jamais, ressuscita environ 3 jours après la publication de son décès.
        Le 1er Mai 1890 La Société accordant au chef l'augmentation demandée, passa avec lui et le sous-chef un marché sur papier timbré, fixant le traitement de chacun d'eux. Nous allons donner la copie de ces deux pièces.

Engagement du chef : Volant

        Je soussigné : Volant Delétang je m'engage à diriger la musique dit Fanfare d'Athée, pendant trois années entières et consécutives qui commenceront le 1er Mai 1890 et finiront le 1er Mai 1893, moyennant une payement annuel de 200. je m'engage en outre à apprendre aux élèves tout ce qui sera en mon pouvoir sous peine de réprimande et de suspension de payement s'il en était autrement, d'assister en tout les répétitions et sorties que la société décidera, aux jours et heures dites par la dite société.
        En cas d'absence, elle sera motivée par la réunion du bureau, si la raison est reconnue non valable, je reste passible d'une amende de 0.,50 pour les répétitions, et de 2. pour les sorties, les amendes seront retenues sur le traitement.
        En cas de dissolution de la dite société le payement cesse de plein droit.
        Fait à Athée de bonne foi, en présence des membres honoraires, le 1er Mai 1890.
                              Le Président des Membres honoraires                               Le Chef de la fanfare
                                             Legeard E                                                                  Volant-Delétang

Engagement du sous-chef Paul Hardion

        Je soussigné Hardion Molineau, je m'engage dans la musique dite Fanfare d'Athée comme sous-chef d'aider au chef et même de lui obéir dans tout ce qu'il me commandera concernant la musique pendant trois années entières et consécutives qui commenceront le premier Mai mil huit cent quatre vingt dix moyennant un payement annuel de cinquante francs payable par trimestre, d'assister à toutes les répétitions et sorties que la société décidera, aux jours et heures dites par la société.
        En cas d'absence, elle sera motivée par la réunion des membres exécutants; si elle est reconnue non valable, je reste passible d'une amende de vingt cinq centimes pour une répétition et de un franc pour une sortie. Cet argent sera retenu sur le payement. En cas de dissolution de la Société, le payement cesse de plein droit.
        Fait à Athée de bonne foi, en présence du bureau des membres honoraires le premier Mai mil huit cent quatre vingt dix.
                              Le Président des Membres honoraires                               Le Chef de la fanfare
                                             Legeard E                                                                 Hardion-Molineau

Fête Nationale

        La Fanfare ranimée par ces arrangements et certaine d'avoir des chefs sérieux et actifs, prêta son concours, à la fête nationale du 14 juillet, et prouva une fois de plus que ses ennemis l'avaient calomniée en disant qu'elle n'aimait pas les fêtes civiles républicaines.

Fêtes de St Martin à Tours

        Le 16 9bre 1890 De grandes fêtes avaient lieu à Tours, à l'occasion des noces d'or de Mgr Meignan archevêque de Tours. La fanfare, grâce à M. l'abbé Hénault obtint de Madame Collinet des omnibus et voitures pour se rendre à ces solennités, la Société musicale d'Athée fut la seule société rurale accourue à ces fêtes et Madame Collinet l'avait chargée d'offrir en son nom au vénéré prélat une magnifique crosse épiscopale, entièrement composée de fleurs naturelles, et du plus gracieux effet. Elle fut portée par un des membres honoraires de la fanfare M. Amand Bardet jardinier chef du chateau de la Chesnaye, qui était d'ailleurs l'artisan de ce superbe travail. L'Archevêque en fut si heureux qu'il voulut faire porter sans cesse près de lui ce délicieux bouquet.
        Ce voyage fut une suite de joies et de plaisirs pour toute la fanfare qui en a gardé un agréable souvenir. Ces fêtes qui coïncidaient avec les solennités de St Martin, eurent un éclat tout spécial grace à la présence de nombreux et distingués prélats.

La Ste Cécile
Noël

        Le 23 Novembre on féta comme de coutume avec entrain la Ste Cécile et la St Romain.
        Puis vint la fête de Noël où la fanfare fit encore une fois entendre ses joyeux accords pour terminer l'année.

        Voic donc cette éloquente épitre, ce patriotique appel à un ami :
                              "Le 22 Mars 1890
                              Cher Camarade et ami.
        N'ayant pas ut de nouvelle de se que nous avions parler de l'union que tus voulais faire de tas société à la mienne Je m'adresse Directement a toi pour savoir Les résultas difinitives car j'ai en toi toute ma confiançes
                              (Cher Camarade)
        Je croit qunne homme comme toi instruit et inteligent ne doi pas rester en arrière dans l'ignorançe après avoire été Camarade de Jeunesse nous devon l'ètre de vieillesse,
        Tus dois prandre comme tous les camarade un Coeur libre et patriotique.
                              Cher Camarade
        Tus ne fut pour moi jamais qunne ami et tus le seras toujour Je te prie de bien te rendre conte du chemin auquelle tus est Dirigé,
        Emplaçe de ça je te le repète rent toi homme et homme libre et patriotique ran toi cont de ça qu'il çe passait avant l'heureuse jour de la révolution de 1789. Le 14 Jullet la délibération du peuple Lesclavage rompus La liberté pour tous aujourd'huis nous somme sur lavant et continuont et nalon pas sur l'arrière, Jespère voir à notre première sortie qui aura lieu le 13 avril 90 Voir floter devant tes yeux le drapeaux de l'union Musical
                              Drapeau de la liberté
                              Vive La Françe
                              Ve La république
                              Ton ami
                              Billault Rossignol
                              à Bellevue."

        Pour un Rossignol c'est un fameux merle!!!!

Mort de Désiré-Delétang

        Au mois de Février (13) de cette année la fanfare perdit un de ses membres, Désiré Delétang la Société toute entière suivit ses funérailles et une couronne mortuaire lui fut offerte par la Fanfare d'Athée..
        Une des raisons qui avait fait ouvrir le bec au Rossignol de Bellevue, c'était le concert du 23 Mars offert par la Fanfare chez Chotard, et qui fut suivi d'une autre soirée le 30 du même mois.
        Quoiqu'il en soit Voland se servit du prétexte de ces attaques, pour obtenir de la société une augmentation d'appointements. Ceci n'alla pas tout seul, et il fut même question de la part du chef, de donner sa démission.

Un canard trop jeune pour voler !!

        Aussitôt les "Saules pleureurs" de l'Union Musicale laisèrent déborder leurs larmes de crocodiles jusque dans la feuille du trop célèbre Wilson et le 27 Avril 1890 La Petite France, édita le morceau suivant :

Oraison funèbre d'une fanfare

                                                            Athée = on nous écrit le 25 avril =
        La Commune d'Athée possédait deux fanfares; elle vient de procéder à l'enterrement civil de l'une d'elles.
        La musique Cléricale était composée de souffleurs de cuivre ne possédant pas un talent transcendant, l'Eglise, les chateaux avaient à peu près seuls le privilège de les entendre et elle ne se prétait que de mauvaise grâce à nos fêtes civiles républicaines Aussi la municipalité ne la voyait-elle que d'un mauvais oeil.
        Son chef, charretier musicien, surtout spirite enragé, a voulu que la musique paye le spiritisme: de là une demande d'argent. La caisse était vide; le chef donne sa démission; la grosse-caisse, un homme qui lit dans les grands livres, a vu que les esprits lui disaient de quitter la Société : nouvelle démission.
        Alors, malgré les bénédictions du Curé et les largesses des chateaux, la fanfare a jetté son dernier souffle: elle a vécu; les cuivres sont à bas; que la terre lui soit légère !
        La fanfare républicaine triomphe sur toute la ligne, se passant de l'Eglise et des Chateaux, elle a été et sera toujours la musique de notre patriotique population."
        (L'article qui n'est pas signé est l'oeuvre d'un sieur Louis Veillault.)
        A peu près comme N-S J-C. la fanfare qu'on croyait morte à tout jamais, ressuscita environ 3 jours après la publication de son décès.
        Le 1er Mai 1890 La Société accordant au chef l'augmentation demandée, passa avec lui et le sous-chef un marché sur papier timbré, fixant le traitement de chacun d'eux. Nous allons donner la copie de ces deux pièces.

Engagement du chef : Volant

        Je soussigné : Volant Delétang je m'engage à diriger la musique dit Fanfare d'Athée, pendant trois années entières et consécutives qui commenceront le 1er Mai 1890 et finiront le 1er Mai 1893, moyennant une payement annuel de 200. je m'engage en outre à apprendre aux élèves tout ce qui sera en mon pouvoir sous peine de réprimande et de suspension de payement s'il en était autrement, d'assister en tout les répétitions et sorties que la société décidera, aux jours et heures dites par la dite société.
        En cas d'absence, elle sera motivée par la réunion du bureau, si la raison est reconnue non valable, je reste passible d'une amende de 0.,50 pour les répétitions, et de 2. pour les sorties, les amendes seront retenues sur le traitement.
        En cas de dissolution de la dite société le payement cesse de plein droit.
        Fait à Athée de bonne foi, en présence des membres honoraires, le 1er Mai 1890.
                              Le Président des Membres honoraires                               Le Chef de la fanfare
                                             Legeard E                                                                  Volant-Delétang

Engagement du sous-chef Paul Hardion

        Je soussigné Hardion Molineau, je m'engage dans la musique dite Fanfare d'Athée comme sous-chef d'aider au chef et même de lui obéir dans tout ce qu'il me commandera concernant la musique pendant trois années entières et consécutives qui commenceront le premier Mai mil huit cent quatre vingt dix moyennant un payement annuel de cinquante francs payable par trimestre, d'assister à toutes les répétitions et sorties que la société décidera, aux jours et heures dites par la société.
        En cas d'absence, elle sera motivée par la réunion des membres exécutants; si elle est reconnue non valable, je reste passible d'une amende de vingt cinq centimes pour une répétition et de un franc pour une sortie. Cet argent sera retenu sur le payement. En cas de dissolution de la Société, le payement cesse de plein droit.
        Fait à Athée de bonne foi, en présence du bureau des membres honoraires le premier Mai mil huit cent quatre vingt dix.
                              Le Président des Membres honoraires                               Le Chef de la fanfare
                                             Legeard E                                                                 Hardion-Molineau

Fête Nationale

        La Fanfare ranimée par ces arrangements et certaine d'avoir des chefs sérieux et actifs, prêta son concours, à la fête nationale du 14 juillet, et prouva une fois de plus que ses ennemis l'avaient calomniée en disant qu'elle n'aimait pas les fêtes civiles républicaines.

Fêtes de St Martin à Tours

        Le 16 9bre 1890 De grandes fêtes avaient lieu à Tours, à l'occasion des noces d'or de Mgr Meignan archevêque de Tours. La fanfare, grâce à M. l'abbé Hénault obtint de Madame Collinet des omnibus et voitures pour se rendre à ces solennités, la Société musicale d'Athée fut la seule société rurale accourue à ces fêtes et Madame Collinet l'avait chargée d'offrir en son nom au vénéré prélat une magnifique crosse épiscopale, entièrement composée de fleurs naturelles, et du plus gracieux effet. Elle fut portée par un des membres honoraires de la fanfare M. Amand Bardet jardinier chef du chateau de la Chesnaye, qui était d'ailleurs l'artisan de ce superbe travail. L'Archevêque en fut si heureux qu'il voulut faire porter sans cesse près de lui ce délicieux bouquet.
        Ce voyage fut une suite de joies et de plaisirs pour toute la fanfare qui en a gardé un agréable souvenir. Ces fêtes qui coïncidaient avec les solennités de St Martin, eurent un éclat tout spécial grace à la présence de nombreux et distingués prélats.

La Ste Cécile
Noël

        Le 23 Novembre on féta comme de coutume avec entrain la Ste Cécile et la St Romain.
        Puis vint la fête de Noël où la fanfare fit encore une fois entendre ses joyeux accords pour terminer l'année.

Art.9

        La Commission administrative est renouvlée tous les cinq ans
        Le chef de musique et les membres honoraires, sont indéfinitivememnt rééligibles.

Art.10

La Commission administrative gère les intérêts de la Société.
        Le président surveille et assure l'exécution des statuts, en cas d'absence, il est suppléé par le trésorier général.
        Le trésorier général est chargé de la correspondance, et de la rédaction du procès verbal des séances de la réunion générale, c'est à lui que seront adressées les demandes d'admission.
        Le trésorier général, fait les recettes et les paiements de la Société aux Assemblées générales, il présente ses comptes à la Société qui les approuve.
        Le trésorier adjoint, pris parmi les membres exécutants, est élu par eux, est spécialement chargé de recueillir les cotisations mensuelles, les amendes et droits d'entrée des membres exécutants, il remettra ses comptes tous les mois, au Trésorier général.
        Toute dépense de plus de vingt francs, devra être autorisée par la Commission administrative consultée par le trésorier général.

Art.11

        Les membres de la Société se réunissent en assemblée générale deux fois par an: le 1er Novembre et le Dimanche qui suivra le 1er Mai. Ils seront prévenus par lettre d'invitation.

Art.12

        Le Président peut convoquer l'Assemblé générale extraordinaire, soit d'office, soit sur la demande de deux membres.

Art.13

        Pour qu'une décision de l'Assemblée générale soit valable, il faut que les deux tiers des sociétaires au moins prennent part au vote.

Art.14

        Le Chef de musique est chargé de la direction des choses d'ordre purement musical.

Chapitre III

Comité de conservation, sa composition, son but

Art. 15

        Un comité (dit de conservation) est établi en vue de conserver le matériel en cas de dissolution de la Société.

Art. 16

        Le comité de conservation se compose de membres exécutants, et non exécutants faisant partie de la commission administrative et des membres ayant fait un don à la société.

Art. 17

        Le comité de conservation, le cas échéant où la Société serait dissoute, reste seul dépositaire des instruments, morceaux de musique et autres objets acquis par la Société.

Art. 18

        Sous aucun prétexte le Comité de conservation ne peut vendre à son profit les objets laissés à sa garde, et dans le cas où la vente des instruments et autres objets serait décidée par le Comité, le produits en serait affecté aux soulagement des pauvres de la Commune.

Art. 19

        Toute décision du comité de conservation, devra être prise au scrutin secret et à la majorité absolue de tous ses membres.
        Les noms des membres du Comité sont inscrits à part, et à la suite du présent règlement.

Chapitre IV

Obligations envers la Société, Droit d'admission, Cotisations

Art. 20

        Tous les Sociétaires indistinctement, paient une cotisation trimestrielle de 0.,50, s'engagent à s'acquitter avec zèle et exactitude des fonctions qui leur seront confiées, et à ne jamais soulever ni discuter pendant les réunions, aucune question d'ordre politique ou religieux. Seuls les membres exécutants paient un droit d'entrée de trois francs.

Chapitre V

Emploi des fonds de la Société, modification des statuts - Dissolution

Art. 21

        Les fonds de la Société sont consacrés aux frais utiles et à la prospérité de la Société.
        Les fonds seront déposés à la caisse d'épargne dans les huit jours qui suivront la cotisation trimestrielle.
        Le Trésorier général pourra garder en sa possession la somme de 20 francs pour les besoins de la Société.

Art. 22

        Toute proposition tendant à modifier les statuts ou règlement, devra être soumise d'abord à la commission administrative, qui sera tenue d'en faire part à l'assemblée générale la plus prochaine.
        Aucune modification ne pourra être admise qu'en assemblée générale, réunissant au moins, à une première réunion, la moitié plus un des sociétaires.
        Une première réunion n'ayant pas abouti, vu le nombre insuffisant des sociétaires, un vote effectif pourra être émis à la majorité des membres présents à la seconde réunion.

Art. 23

        La dissolution ne peut être prononcée qu'en assemblée générale de la Société réunie à cet effet et par un nombre de voix égal aux trois quarts des membres présents.

Art. 24

        En cas de dissolution, les fonds restés en caisse, ainsi que le matériel musical acquis par la Société, passent aux mains du Comité de Conservation.

Chapitre VI

Art. 25

        Les membres exécutants, de la deuxième catégorie, ne prennent part à aucun vote, ne peuvent accomplir aucune fonction administrative et ne peuvent jamais faire partie du Comité de conservation.

Art. 26

        Les membres exécutants, présentent le candidat au titre de chef de musique, à la commission administrative, qui valide ou non le choix fait par le corps musical.
        Le sous-chef de musique et le trésorier adjoint sont nommés au scrutin secret et seulement par les membres exécutants.

Art. 27

        Dans le cas où le chef de musique jugerait utile de s'adjoindre un directeur de musique, cette fonction pourrait être confiée à un des membres exécutants, des deux catégories.
        Le directeur de musique, dirige les répétitions et les exécutions musicales, sous la responsabilité et l'autorité du chef de musique.
        Le sous-chef de musique supplée le chef en cas d'absence.

Art. 28

        La cotisation des membres exécutants est fixée à 0,25c par mois, et peut être augmentée si la Société le juge utile; elle sera recouvrée par le trésorier adjoint qui en rendra compte tous les mois au trésorier général.
        Les amendes ne seront perçues qu'à la première réunion du mois qui suit celui pendant le quel elles auront été infligées.
        Un délai de quinze jours pour le paiement des cotisations et amendes sera accordé à tout sociétaire qui en adressera la demande motivée au trésorier adjoint; ce délai écoulé, le sociétaire, en cas de non paiement, sera tenu de doubler son versement.

Art. 29

        Tout sociétaire ayant manqué trois versements consécutifs, sera exclus de la société.

Art. 30

        En dehors des réunions musicales règlementaires, le Chef de musique, a le droit de réunir d'office le corps musical.

Art. 31

        Les assemblées générales de la Société, seront l'occcasion d'exécutions musicales, ayant pour but de permettre à la Société de juger de l'instruction du corps de musique.

Art. 32

        Tout conflit entre le Chef de musique et les membres exécutants, est jugé par la Commission administrative qui, si elle le trouve à propos, convoque la Société en assemblée générale.
        Le chef de musique et les membres exécutants s'engagent d'honneur à se conformer aux jugements émis par la Commission Administrative ou par l'Assemblée générale.

Art. 33

        La Commission administrative a le droit de convoquer le corps de musique pour une exécution musicale déterminée à la majorité de cette commission.

Art. 34

        Le chef de musique ou son suppléant, est chargé de maintenir le bon ordre et d'exiger une tenue parfaite pendant les réunions musicales.

Art. 35

        Tout musicien manquant d'obéissance au chef de musique ou à son suppléant, pendant l'exercice de leur fonction, est passible d'une amende de 0.,25.

Art. 36

        L'entrée de la salle pendant les répétitions, n'est accessible qu'aux musiciens. Aucun étranger ne sera admis à assister aux exécutions musicales dans la salle des répétitions, s'il n'est pas présenté par un membre de la Société.

Art. 37

        Les jours et heures des répétitions musicales sont déterminées à la majorité des membres exécutants.

Art. 38

        Une amende de vingt centimes est affligée à tout musicien qui, sans motif sérieux, manquera à une répétition. Dans le cas d'empêchement, le Sociétaire doit prévenir le chef de musique la veille du jour de la répétition à la quelle il ne peut assister.
        Tout musicien arrivant après l'heure des répétitions est passible d'une amende de dix centimes et vingt centimes suivant l'importance du retard, qui est fixé une heure après l'heure des répétitions.

Art. 39

        Tout musicien ayant prèté son instrument appartenant à la Société, pendant les réunions ou exécutions musicales, sans y avoir été autorisé, et même hors des répétitions, sera passible d'une amende de 50 centimes à 1 franc.

Art. 40

        Tout musicien est responsable de l'instrument qui lui a été confié par la Société et doit, en cas de dissolution, démission, ou exclusion, le rendre en l'état où il lui a été remis.
        La Société ne paie que les réparations des instruments qui lui appartiennent, et alors seulement qu'elles sont nécessitées soit par l'usure, soit par des accidents indépendants de l'inhabileté des sociétaires aux quels les dits instruments ont été confiés.

Art. 41

        Tout sociétaire est responsable de son répertoire, et en cas de démission, d'exclusion ou dissolution, doit le rendre complet et en bon état.

Art. 42

        Nul ne peut être admis en qualité d'élève, s'il n'est d'une famille habitant le pays, ou s'il n'y est lui-même fixé.

Chapitre VII

Art. 43

        En cas de décès d'un sociétaire, le corps de musique ainsi que les membres non exécutants, sont tenus d'assister au convoi.
        Une amende de un franc sera infligée à tout sociétaire dont l'absence ne sera pas sérieusement motivée par lettre adressée au président.

Liste des membres exécutants

        Avant de terminer l'histoire de cette année 1889, donnons la liste des membres exécutants, telle qu'elle se trouva fixée après l'acceptation du règlement ci-dessus :
M.M.
Désiré VolandChef
Paul Hardionsous-chef 1er piston
Joseph Loiseau1er piston
Désiré Imbert2e piston
Léon Hubert2e piston
Camille BijouPetit bugle
Aimé Legeard2e piston
Arthur Chotard1er alto
Marcel Poitevin2e bugle
Julien Fouassier3e bugle
Jules Hardion2e alto
Léon Barrault3e alto
Honoré Fouassier1er baryton
Auguste Legeard2e baryton
Silvain Gerbier2e baryton
Henri Bichet1er trombone
Stanislas Imbert2e trombone
André Martin1e basse
Julien Simonneau2e basse si b
Emile Landré3e basse si b
Louis GardeauContrebasse mi b
Félix HardionCaisse roulante
Armand BillaultGrosse caisse
Désiré MalvaultCymbalier
Amand Besnard1ere clarinette
Alfred BucherPorte-drapeau

Elèves

Léon Pastier
Arthur Landré
Désiré Servais
Silvain Champion

        Comme on peut en juger, la Fanfare d'Athée était à cette époque aussi florissante que possible et sa composition comme le nombre de ses exécutants, faisaient présager des jours de plus en plus glorieux.

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