La fanfare d'Athée

1887-1888

1887
Soirée théatrale

        Pendant l'année 1887, la Fanfare organisa au mois d'Avril une représentation théatrale chez Chotard et l'on y joua : les 2 aveugles, et la chambre à 2 lits. L'assistance fut étonnée du talent des jeunes acteurs et souhaita que la fête fut recommencée plus souvent.

La Ste Cécile

        A part cette solennité, il n'est fait mention au livre de caisse, que de la Ste Cécile 22 novembre 1887 qui fut aussi solennelle qu'à l'ordinaire, d'ailleurs à ce moment les fêtes de la Fanfare se passaient avec un ordre parfait.

1888

        Le 1er janvier 1888, une sortie en musique commença l'année. A cette occasion, M. l'abbé Hénault donna 10. pour les étrennes, et nous avions omis de dire que depuis plusieurs années déja, il le faisait régulièrement.

Une démarche déloyale

        Cependant, l'Union Musicale, qui se morfondait en silence, s'imagina qu'elle pouvait s'intituler Musique Municipale parce qu'elle n'entrait pas à l'église, et voulut grâce à ce titre réclamer au Conseil Municipal les instruments de la 1ère Fanfare.
        Voici la copie de la demande qui fut adressée à la Mairie à cet effet, mais qui resta sans réponse officielle puisque la Fanfare d'Athée avait reçu légitimement les objets réclamés. Nous respectons l'orthographe du rédacteur :
        "Les soussignés, c'étant former en fanfare, s'adresse aux conseil municipal d'Athée pour Obtenir les Instruments qui ont été déposé à la Mairie par l'ancienne fanfare.
        Comme nous sommes dans le nombre voulu, nous vous prions de faire droit à notre demande, le nombre étant fixé à douze membres, pour y avoir droit.
        Notre règlement est à votre disposition comme pièce d'appui.
        Fait à Athée le 9 février 1888
        Suivent les signatures :
Théodore Ouchet, Bery Auguste, Fouassier Désiré, Molineau Désiré, Hubert Léon, Ouchet Armand, Girollet François, Vry Casimir, Boissé Léon, Landré Jules, Gerbier Auguste, Louis Veillault, Léon Brianne, Boissé Achille, Imbert désiré, Champion-Boileau, Blondeau Félix, Benoit Egésippe, Loiseau-Lebreton, Billault-Rossignol, Lebreton François, Gardeau Louis".
        Personne ne prit au sérieux cette réclamation et la Fanfare resta en possession de son matériel.
        La Grosse Caisse se fit retaper car elle commençait à vieilloter, et le 10 Mars, puis le 25 Mars, on organisa deux soirés théatrales chez Chotard, ou l'assistance vint en foule applaudir nos braves musiciens.

Les casquettes d'uniforme

        Ce fut encore cette année, que toute la Fanfare reçut de Madame P. Collinet, des casquettes d'uniforme, et plus tard Gardeau et Imbert se munirent du même couvre-chef pour faire partie de la société.

Festival à St Martin le Beau

        Le 2 Septembre, premier Dimanche du mois, la fanfare Ste Cécile de St Martin-le-Beau invita la Fanfare d'Athée, à un Festival qui eut lieu sur la place de la Mairie, sous la direction de M. Soreau. Une collation fut offerte aux musiciens par leurs camarades, chez M. Desplaces-Régnier qui avait prêté son local pour la circonstance.

Sépulture de Silvain Landré

        Le 5 Septembre, un deuil pénible vint assombrir toutes ces joies. Silvain Landré, un de nos chers musiciens, mourut à la fleur de l'âge, d'un mal qui ne lui pardonna pas. Le 8 eut lieu sa sépulture, il fut porté au Cimetière par les membres de la Fanfare, et toute la jeunesse du pays suivit son cercueil, car on perdait en lui un charmant et loyal jeune homme. Une couronne lui fut offerte par ses Camarades, et sur sa tombe, Aimé Legeard, un des principaux fondateurs de la Société prononça le discours suivant :
        "Landré;
        Devant cette tombe béante, nous venons au nom de la Fanfare d'Athée à la quelle tu as toujours été dévoué, au nom des tes nombreux amis, enfin au nom de tes bons parents, saluer ta dépouille mortelle.
        Je dis au nom de tes chers Parents, qui te suivaient pas à pas, ne songeant qu'à toi, ne rèvant que de toi soupirant après ce jour où tu reviendrais.
        Combien de pleurs hélas ont été versées par cette mère si bonne et si tendre pour toi? mais elle se consolait en pensant que tu ne serais pas longtemps absent.
        Oui cette bonne mère y songeait tous les jours à cette heure attendue ou tu devais rentrer dans ta famille pour faire sa consolation.
        Enfin ce bon père déja vieilli par les années, ne comptant que sur ton courage, ton intelligence pour l'aider dans son oeuvre, tous les plans hélas sont évanouis.
        Et tes petits frères, pleurant après ton retour, sans cesse ne songeant qu'à toi.
        Mais la mort n'a pas d'amis.
        Landré, ami de tout le monde, surtout de la jeunesse du pays sans exception; un bon mot à tous, un sourire pour tous, ardent, entreprenant en toutes choses, doué d'une intelligence rare, passionné pour la Musique, toi que la Fanfare ne remplacera peut être jamais, Landré, tu n'es plus, mais ton nom restera vivant éternellement dans le coeur de tous ceux qui t'ont connu.
        Au nom de la Société musicale dont tu faisais partie, au nom de toute la jeunesse d'Athée,
                Landré Adieu!!".
        Le Dimanche suivant 9 Septembre, la fameuse Union Musical rentrait du festival de Montlouis.

Projet de Règlement

        Dans une réunion tenue le 25 Octobre chez Chotard et l'on y proposa le nouveau projet de règlement que nous donnons dans son entier :
       

Règlement concernant
la Société Musicale dite "Fanfare d'Athée"

        Art.Ier: Il y aura deux répétitions par semaine, qui seront le Mardi et le Jeudi de 9bre Xbre Janvier, Février et Mars; et une répétition qui sera le Jeudi, pendant les mois de Avril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre et Octobre;
        L'heure sera donnée par la société.
        Art.II: Chaque sociétaire devra étudier les morceaux indiqués par le Chef, qui aura soin d'aviser la société à la répétition précédente. On ne devra s'occuper que des morceaux que le Chef aura indiqués.
        Art.III : Toute absence non justifiée, sera passible d'une amende de 0.,15 pour 1/4 d'heure de retard, et de 0.,25 pour la répétition entière. L'amende sera entière quand on arrivera 1/2 heure avant la fin de la répétition qui ne devra pas durer moins d'une heure.
        Art.IV : En cas d'indisposition légère le sociétaire sera tenu d'assister à la répétition sans toutefois être obligé d'apporter son instrument. Lorsque l'Instrument sera en réparation, le sociétaire sera aussi tenu d'assister à la répétition. Cette réparation ne devra pas excéder quinze jours; l'amende infligée à cet article sera de 0.,15c.
        Art.V : Dans toute réunion, chaque sociétaire devra obéissance au Chef, et avoir une tenue convenable sous peine de la réprimande; le récidif sera exclus. Le chef aura le droit d'infliger une amende qui ne pourra pas excéder 0.,25.
        Art.VI : Chaque sociétaire, devra en entrant dans la dite Société, verser une somme de trois francs, qui seront destinés à former la masse de la Société. Si un membre se retire de la société il perdra ses trois francs et en outre remboursera la valeur de sa partition si elle est rendue en mauvais état.
        Art.VII : Chaque sociétaire devra payer ses amendes régulièrement entre les mains du Trésorier. Si un membre se refuse par trois fois à payer ses amendes reconnues valables par la Société, il sera exclus de plein droit.
        Art.VIII : Pour les sorties du dehors, le chef aura seul le droit de les fixer, sans toutefois l'approbation de la société. S'il surgissait des questions graves, la sortie serait votée, et elle serait rendue obligatoire si on réunissait la moitié des voix plus une. L'amende serait alors de 0.,50.
        Art.IX : Chaque sociétaire sera tenu de verser entre les mains du Trésorier, une cotisation mensuelle de 0.,25 qui arrivera à combler les frais de la Société.
        Durant l'exécution, le silence le plus absolu devra règner parmi la Société. Le Chef indiquant le morceau à jouer, personne n'a le droit de répondre. Le signal d'exécution sera marqué par deux coups de Grosse-Caisse d'après l'ordre du Chef.
        Art.XI : En ce qui concerne les casquettes elles appartiendront en propre à chaque sociétaire, du moment qu'il fera partie de la Société. Tout membre se retirant pour quelque cause que ce soit, devra remettre sa casquette à la Société et la rendre en bon état.
                Fait à Athée entre nous musicien soussignés : le 25 8bre 1888.

La Ste Cécile
Les servitudes du Chateau
La Croix de Martigné

        A la Toussaint 1888 la fanfare reparut à l'église pour la Solennité.
        Enfin le jour de Ste Cécile qui était aussi la fête de St Romain patron de la paroisse, une solennité des plus imposantes eut lieu à l'occasion de la construction des Servitudes du Chateau de la Chesnaye et de l'inauguration d'une croix au bord de la route de St Martin le Beau, en face le village de Martigné. Madame Collinet avait invité la fanfare d'Athée et la Société Ste Cécile de St Martin le Beau, à la bénédiction de ses constructions et de cette croix.
        M. l'abbé Hénault Curé de la Paroisse, et M. l'abbé Augeron, curé de St Martin le Beau, présidaient cette superbe cérémonie; l'assistance était considérable.
        Après la fête, Madame Collinet offrit un repas copieux à tous les musiciens, ainsi qu'aux ouvriers qui avaient construit ces divers ouvrages, et la jeunesse rentra par le parc et s'en alla prendre un verre de vin blanc chez Chotard.

Piteuse vengeance

        En arrivant près de cet établissement, des malandrins que la jalousie, jointe à une bonne dose de stupidité, poussait à faire des farces, trouvèrent très spirituel de jetter de la peinture et des boites de sardines, sur les musiciens qui jouaient dans la rue. C'est ainsi que Simonneau et Ernest Jamin furent gratifiés de taches assez ennuyeuses.
        Ceci n'empêcha pas la retraite aux flambeaux d'être très brillante, puis on alla prendre un vermouth chez Champeaux et de là au bal chez chotard.

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