La fanfare d'Athée

1884-1886

1884
La Ste Cécile

        Au livre de caisse, nous trouvons le 1er Avril 1884, une somme de trente huit francs disponible.
        Les fêtes suivirent leur cours habituel mais avec un peu moins d'entrain. Toutefois, la Ste Cécile eut encore une certaine animation, et si l'on en croit l'histoire, quelques têtes tournèrent pendant le bal car le chef de musique qui était alors Voland, chaque fois qu'il passait en dansant, près de Legeard qui portait un chapeau haut de forme, administrait à celui ci de formidables coups de poing par manière d'amusement, et eut bientôt mis le gibus en accordéon. Legeard le laissait faire, et pour cause, le gibus n'était pas à lui mais au malheureux Voland lui-même qui s'en aperçut mais trop tard.

Voland succède à Ouchet

        Cette année fut une année funeste; le Sieur Théodore Ouchet chef de la Fanfare, commença à ne plus faire régulièrement les répétitions; parce que dit-on elles avaient lieu à la mairie, et que dès lors les exécutants, ne consommaient pas beaucoup à son établissement. Ce manque d'attention fut cause d'abord d'un changement de direction, et Voland dont nous venons de parler, avait été nommé depuis quelques mois chef de Fanfare, Ouchet continuant de venir comme simple musicien.
        Mais il faut avouer que la situation n'était pas agréable pour l'ancien chef, qui se voyait obligé de se soumettre à l'un de ses anciens subordonnés. Aussi le désordre se mit dans les rangs, et l'on fut bientot obligés de se séparer.

La Dissolution

        D'ailleurs ce qui mit le comble au désarroi, c'est que Arthur Chotard et Silvain Landré ayant demandé d'apprendre des instruments,

1885

        Th. Ouchet refusa de les instruire. Alors, le 17 Novembre 1885 les musiciens passèrent à la Caisse et furent réglés chacun selon ses droits.

Livre VI
La Renaissance
1886
Baptême des Cloches

        Le Baptême des Cloches qui eut lieu le 26 Février 1886 marqua définitivement la scission et fut le point de départ de la renaissance musicale de la Fanfare.
        Ce fut Mgr. Meignan archevèque de Tours, accompagné de Mgr Oury évèque de Guadeloupe qui bénit les deux Cloches. Les parrains et marraines étaient : M. Henry Collinet de la Chesnaye et Mlle Alix Liébert de Nitray, puis : M. Thomas et Mlle Marie Raimbault.
        M. l'abbé Hénault curé de la paroisse, ayant demandé la fanfare pour la circonstance, il lui fut répondu qu'elle n'était pas alors en mesure de figurer à la cérémonie. Se croyant donc autorisé à frapper à une autre porte, M. le curé invita pour rehausser la fête, la fanfare Ste Cécile de St Martin le Beau. M. Th. Ouchet s'était trouvé très froissé de cette démarche, se refusa dès lors à remettre le pied à l'église comme musicien, et quitta définitivement la Fanfare pour fonder une nouvelle société nommée l'Union musicale probablement parce que c'est elle qui mit la division.

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L'Union musicale

        Cette dénomination vraiment heureuse, nous rappelle la définition du Trait-d'union : "espèce de petit trait qui sert à séparer deux mots".
        La société se réunit alors, et rédigea le procès verbal ci dessous que nous relevons sur les registres de la Mairie d'Athée.
        "L'an mil huit cent quatre vingt six, le premier mars, à huit heures du matin,
        Nous François Raimbault, maire de la Commune d'Athée canton de Bléré Indre et Loire
        Vu le procès verbal de dissolution de la société musicale dite Fanfare d'Athée, procès verbal à nous présenté par les membres de la dite société et dont la teneur suit:

Procès verbal de dépot des instruments à la mairie

        Nous soussigné : sociétaires de la musique d'Athée, avons à ce jour d'un commun accord entre nous tous, dissous la Société ou Fanfare d'Athée, aux conditions et stipulations suivantes :

Article 1er Masse

        La Masse de la Société qui existait, a été partagée entre les sociétaires qui le reconnaissent.

Article II Instruments

        La Société possède : 2 pistons, une grosse caisse avec cymbales, un triangle, une bannière avec huit médailles, 2 lampes, un bidon, des pupitres et différentes partitions.

Conditions

        Les objets compris sous l'article II, devront être remis entre les mains du Conseil Municipal. Celui ci devra les prêter à la première société de musique qui devra comprendre au moins douze exécutants.
        Le Conseil n'aura donc jamais le droit de les vendre ou de les aliéner vu que ce n'est pas un don que nous lui faisons, mais un dépôt.
        Avons clos le présent ce jour vingt huit Février mil huit cent quatre vingt six,
        Les membres présents : signé : Roguet Pillault Longuet Emile, F Raimbault, Molineau Désiré, Voland Désiré, Germain, L.Veillault, Th.Ouchet.
        P-S. Seul Legeard n'a pas signé.
        Avons reçu en dépôt les objets désigné à l'art. II du procès verbal ci dessus transcrit, nous reservant de consulter le Conseil municipal à la première session pour ce qui est des conditions de dépôt ci-dessus stipulées.
        Fait en Mairie d'Athée le 1er Mars 1886
              Le Maire
                             Raimbault
       Le Conseil Municipal, par une délibération du 20 Mai 1886 accepta le dépôt tel qu'il avait été présenté.

Remise à l'oeuvre

        Dans l'intervalle, nos jeunes musiciens, mécontents de cette division s'étaient remis à l'oeuvre pour recommencer une nouvelle société. Aimé Legeard l'ancien caissier, fut un des fondateurs de ce nouveau groupe le 9 Mai 1886 une cotisation à 3. fut remise entre ses mains par M.M. Loiseau, Martin, Voland, Paul Hardion, Tremouilleau, Simoneau, Besnard, Champion, Aimé Legeard, Auguste Legeard, Girollet, Landré, Rateau et Chotard.

Organisation définitive

        Ainsi groupés, nos jeunes virtuoses qui remplissaient dès lors les conditions requises par le précédent procès verbal, se dirigèrent vers la Mairie pour y chercher les instruments. Ils leur furent remis ainsi que la bannière qu'ils ramenèrent musique en tête dans les rues du bourg, comme le constate le procès verbal de la municipalié en date du 3 Juin 1886.
        La Fanfare Ste Cécile de St Martin le Beau, revint encore cette année là se faire entendre à l'Assemblée.

La Ste Cécile

        La société avait alors pour chef M. Voland-Delétang; les réunions et les fêtes reprirent leur cours. Cette année là on célébra la Ste Cécile dans l'Etablissement de M. Chotard-Monmousseau qui devint le lieu ordinaire des réunions de la Fanfare et le bal y fut très animé. On avait pris le vermouth chez Champeaux, on alla boire un cognac chez Veillault.

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