La fanfare d'Athée

1881-1883

1881

        L'année 1881 s'ouvrit sous d'heureux auspices, les premières fêtes de l'année eurent lieu avec un entrain admirable, et surtout sans le moindre incident fâcheux.

Concours de Tours

        Les 3 et 4 Juillet de cette année, la Ville de Tours organisa un grand concours festival au quel la fanfare n'eut pas à se repentir d'avoir pris part; elle revint en effet avec deux superbes médailles grand modèle, en vermeil. Ce concours, qui dura deux jours, ne couta pas trop cher à nos jeunes artistes; l'ensemble des dépenses ne s'éleva qu'à 170.50.
        Il est bon de remarquer que dans ce temps une entente parfaite régnait entre les musiciens, et qu'ils savaient aimablement ouvrir leur bourse pour se procurer à eux et aux autres moins fortunés, des satisfactions d'ailleurs bien légitimes.

La Ste Cécile

        C'est grâce à ces cotisations des sociétaires que nous devons d'avoir conservé les noms de braves gens qui mettaient à cette époque la gaité dans cette jeune troupe. Cette année en effet, nous dit le livre de caisse, une cotisation de 9. par tête, servit de base à la préparation de la fête de Ste Cécile. Voici les noms des Souscripteurs : Douard, Lebreton, Legeard, Longuet, Germain, Boisseau, Ouchet, Raimbault, Rousseau, Molineau, Voland, Hardion, Paul Hardion, Guérineau, Roguet, Veillault, Avenet. Messieurs Roguet et Raimbault avaient ajouté 10.. Le vermouth fut servi chez Ouchet fils, on alla diner chez Veillault de là on se rendit chez Ouchet père où le bal fut dit on merveilleux, et pour ne pas se refroidir, on prit un punch chez Veillault.
        En vertu du principe que toute belle fête doit avoir un lendemain, le Jeudi qui suivit la Ste Cécile, Veillault fournit enore un nombre respectable de bouteilles de vin rouge pour arroser le pain béni qui fut dévoré chez lui.

1882

        En 1882, La fanfare ayant été offrir ses voeux à M. l'abbé Hénault curé de la paroisse, reçut la somme de 10. pour ses étrennes.

Départ de Raimbault

        Mais elle perdit dans cette année un de ses membres les plus asssidus, qui partit pour le régiment : ce fut le jeune Raimbault, ses camarades ne voulurent pas le laisser s'éloigner sans lui donner une marque de leur sympathie et lui offrirent un punch chez Ouchet fils.

Soirée Théatrale

        Le 16 Avril, une Soirée Théatrale et musicale fut offerte par la Fanfare et la jeunesse d'Athée, et se donna dans l'école des filles. Le Tambour de ville l'avait annoncée, et des invitations avaient été faites aux chateaux de la Chesnaye et de Nitray. On se souvient que Madame Collinet honora de sa présence cette soirée récréative. On y joua notamment le Savetier et le financier; le reste passa presque inaperçu. Cependant voici pourquoi cette pièce resta célèbre : c'est qu'à un certain moment, il se produisit un entr'acte imprévu et un peu long. L'un des acteurs le Sieur Veillault, s'était absenté pour raisons urgentes; mais hélas, l'appartement où il s'était retiré, n'était pas, parait-il, installé à l'anglaise, le pauvre malheureux s'éffondra dans . . . . . . l'indescriptible!! Jugez du tableau !!! mais cette fois le proverbe ne mentit pas, ce fut un porte bonheur; la recette monta à 132.25, la dépense s'éleva à 19. chez Ouchet fils, et à la même somme chez Louis Veillault. Les tables furent louées par Roncin, bref on déboursa seulement quarante quatre francs vingt cinq centimes, ce qui fit sensiblement plaisir à M. le Trésorier.

Comice de Bléré

        Aussi la Fanfare prit part au Comice agricole et au festival de Bléré le 3 7bre de la même année, où tous nos jeunes gens s'amusèrent joyeusement.

La Ste Cécile

        Le 22 Novembre, la Ste Cécile ne perdit rien de sa solennité accoutumée, un excellent vermouth pris chez Veillault, ouvrit les appétits, et l'on dansa furieusement chez Ouchet.

1883
La Confirmation

        Le 12 Juin 1883 la confirmation fut l'occasion d'une grande solennité à Athée. Mgr. Collet Archevèque de Tours, étant dangeureusement malade, ce fut Mgr Belonino évèque "in partibus infidelinm" d'Hieropolis, qui vint faire cette cérémonie, mais il n'eut pas la souplesse et l'amabilité qu'ont d'ordinaire nos Archevèques de Tours. Après avoir dit quelques paroles assez dures, il jetta un froid sur nos musiciens qu'il arréta brusquement au milieu d'un morceau, sous prétexte de ne pas allonger la cérémonie. Le chef M. Ouchet, fut piqué au vif par cet incident, et l'on vit même que cette piqure envenima.

Concours des Sables d'Olonne

        Quoiqu'il en soit, tout alla bien comme d'usage, aussi les 12 et 13 Aout ce fut avec un enthousiasme indescriptible que tous les membres de la fanfare se dirigèrent vers les Sables d'Olonne où devait avoir lieu un concours musical.
        Pensez donc!! Rien qu'à l'idée de voir la mer, toute la Fanfare se crut déjà engagée dans la flotte. On vit même certains sociétaires s'incorporer à la musique à cette occasion; tel fut entr'autres le sieur Rabotin, qui pour s'offrir le plaisir de voir l'océan en de si bonnes conditions, n'hésita pas à payer une double cotisation et s'engagea à porter la bannière de la Fanfare.
        Les cotisations furent forcément assez élevées, tous les membres dont les noms suivent, versèrent chacun 18.: Ouchet, Legeard, Longuet, Raimbault, Lebreton, Roguet, Douard, Aimé Hardion, Paul Hardion, Veillault, Molineau, Avenet, Voland, Germain; On avait déjà récolté précédemment 184.55. Rabotin avait versé 32. et lorsqu'au retour des Sables on constata un déficit, les membres se saignèrent encore de un franc chacun, sans pouvoir remplir la caisse. Le Caissier avança 29.30 pour faire le total définitif qui s'éleva à 511.85.
        Mais pour se consoler, les musiciens accrochèrent à la bannière deux médailles d'argent grand modèle.

Un campement

        A la guerre comme à la guerre! Aux Sables d'Olonne, vu le grand nombre de sociétés musicales accourus au concours, on établit des baraquements en planches, où nos artistes se campèrent sans trop de confortable. Mais vu la température et l'humeur joyeuse d'un certain nombre de jeunes gens, les hommes raisonnables comme Guérineau, se plaignaient fort de ne pouvoir dormir. C'était dit-on un tel tapage, que Guérineau, pas satisfait, prit ses bottines, et croyant les jetter sur un des perturbateurs, les envoya formidablement taper contre une cloison de bois, ce qui mit le comble au tumulte.
        Rien ne fut perdu, ou pour mieux dire : chacun y retrouva son compte, c'est ainsi que Legeard revint sans le savoir avec le chapeau de Guérineau qui s'était sans le vouloir approprié le sien.
        La fanfare, heureuse de ses succès, alla saluer au chateau de la Chesnaye Madame P. Collinet, et lui présenter les nouvelles médailles. Généreusement, la vénérée chatelaine remit à la Société la somme de 50., et du même coup la caisse se retrouva à flot et le Caissier rentra dans ses fonds.

La Ste Cécile

        Le 22 novembre, on trouva encore moyen de fêter la Ste Cécile avec d'autant plus d'enthousiasme qu'on était fiers d'avoir une bannière bien décorée.

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