La fanfare d'Athée

1874-1880

1874-1878
Interrègne

        Nous regrettons vivement l'espèce de léthargie qui s'empara de la Fanfare d'Athée vers la fin de l'année 1873 jusqu'à l'année 1878, mais nous ne trouvons aucune indication qui nous rappelle son existence. A quoi attribuer ce long silence ? nous l'ignorons, et nous sommes obligés de le respecter. Voila donc 5 années qui ne nous occuperons plus et nous allons passer à l'ère nouvelle de la société, ère de véritables luttes auxquelles le succès final a été accordé, en dépit des sinistres farceurs qui prophétisaient que la Fanfare d'Athée allait être ensevelie dans un éternel oubli.

Livre V
Nouvelle organisation
1879
Premières difficultés

        Lorsqu'il fallut reprendre après un si long silence les exercices musicaux, il se passa des heures critiques. Le règlement était tellement élastique, que plusieurs ne le connaissaient guère ou le mettaient facilement de coté. Pourtant la musique avait un chef M. Théodore Ouchet, qui malgré ses talents musicaux, ne pût maintenir l'ordre assez longtemps dans la fanfare. Alors, comme il y avait eu dès le début, des cotisations versées, on partagea ce qui restait en caisse, et l'on se remit à l'oeuvre pour former de nouveaux élèves.
        On comprendra facilement que l'ordre n'était pas aisé à établir en cette multitude de Jeunes Gens, quand on saura que les exécutants s'étaient présentés au nombre de quarante, et qu'ils avaient cotisé à cinq francs par tête, pour remonter la caisse municipale.
        Ce fut un nommé charbonnier, qui prit la caisse, non pas celle dont nous venons de parler, mais la célèbre et traditionnelle Grosse-Caisse.
        La Ste Cécile fut une occasion toute trouvée pour exiber le talent musical de nos jeunes virtuoses; et le soir un bal réunit la jeunesse du pays qui sauta avec un entrain remarquable.

Inauguration du pont de Chandon

        Vers la fin de Février 1879 Le pont de Chandon, qui relie la Commune d'Athée à celle de St Martin le Beau, fut inauguré par les habitants d'Athée. La municipalité et le Clergé y prirent part, et M. l'abbé Hénault alors curé de la paroisse, le bénit Solennellement. Un remarquable discours fut prononcé par M. Félix Huchet alors clerc de Notaire.
        On avait amené là toute la batterie d'artillerie du pays, il n'y avait pas moins de trois canons, deux de la commune et un du chateau; le chef de batterie était un sieur Volant que certains connaissaient mieux sous le nom de Piffard.
        La Canonade était tirée du haut d'un tertre qui fait face au pont, et la musique s'y trouvait aussi, alternant avec le canon et laissant entendre ses harmonieux accords.

Feu d'artifices

        Un nommé Bondonneau fut envoyé à Tours, pour rapporter un feu d'artifice qui devait être tiré le soir de la fête; mais l'artificier de Tours lui ayant recommandé de ne pas fumer en route de peur de mettre le feu à sa voiture et à son contenu, le sieur Bondonneau préféra sa pipe et revint à Athée les mains vides. Il fallut alors renvoyer François Rateau, qui ayant pris le train à 5h du matin, revint de Tours dans un fiacre, rapportant ce qui était nécessaire.
        Ce fameux feu d'artifice fut tiré dans le petit bois de la Chamoisière par des artilleurs un peu inexpérimentés qui parait il allumaient les fusées la tête en bas!!! Après quoi un grand banquet à 5 . par tête fut servi à l'école des Garçons.
        La population de St Martin le Beau pour plusieurs motifs ne prit pas part à cette fête. D'abord, la plaine était couverte par une assez forte crue du Cher qui empêchait d'approcher du pont. De plus, un comité qui s'était formé à St Martin le Beau pour organiser la fête, n'ayant pu s'entendre avec la municipalité qui parait il n'avait pas beaucoup d'accord entre ses membres; il en résulta qu'on fixa au 2 Mars 1879 la fête du pont donnée par les habitants de St Martin le Beau, et que la population d'Athée prit les devants de cette inauguration.

Un drapeau à Beigneux

        Le Lundi de Pâques de la même année, quinze musiciens se rendirent avec leurs instruments à Beigneux chez un certain Bondonneau (dit Parainsi), membre de la fanfare, et là, solennellement on planta le Drapeau national sur la Cheminée. Naturellement, comme c'était le lundi de Pâques, les oeufs durs y furent un plat de résistance, et la mère Rabotin qui faisait la cuisine, avait admirablement réussi les côtelettes au jus. Seulement, deux farceurs qui étaient de bonnes fourchettes, après avoir desossé leurs cotelettes, remettaient les os dans le plat, si bien que Bondonneau qui n'en avait rien vu, ne trouvait plus que des os dans la sauce, voulait se plaindre au Boucher, de n'avoir pas été bien servi.
        Un punch monstre fut allumé dans une marmite on parle d'environ dix litres d'eau-de-vie qui flambèrent à cette occasion; aussi nos gaillards, un peu gris, firent une ronde dans la salle, et la vieille cuisinière se fit un plaisir de danser avec eux.

Promenade à Bono

        Un peu plus tard, une autre sortie de la musique eut lieu à Bono, où chez Voland et chez Paul Hardion, on fit encore une bonne ripaille car c'était tous de joyeux compères. Enfin, comme preuve de la gaité, nous citerons ce fait, que François Rateau baryton, jouait le chant du départ avec un entrain formidable, pendant que les autres jouaient la Marseillaise!! Ça ne fait rien, tout allait pour le mieux.

1880
A Legeard secrétaire

        Nous avons retrouvé à partir de l'année 1880, le livre de caisse de la Société, il fut tenu à cette époque par M. Aimé Legeard, et c'est lui qui désormais nous sera d'un précieux secours pour établir les dates les plus mémorables qui concernent la fanfare.
        La société, alors complètement réorganisée, reprit ses habitudes des fêtes, et recommença à rehausser par sa présence les solennités de Pâques la fête Dieu, la fête Nationale, la Toussaint, la Ste Cécile, Noël et la St Vincent sans oublier le premier Janvier. Il y eut à l'occasion d'une de ces fêtes une réunion musicale dont un photographe nommé Héron, nous a laissé une assez bonne épreuve, nous sommes heureux de pouvoir la reproduire.

La Ste Cécile

        Le caissier nous apprend qu'au 22 Novembre 1880, fête de la Ste Cécile, la caisse de la société dépensait pour ses membres la somme de 66.99, ce qui avec les cotisations qui s'étaient élevées à 80., représente une respectable dépense de 146.95 compris les repas, le pain béni, le bal et tous les raffraichissements; n'empêche que pour des débutants, ils fêtaient bien leur patronne!!!
        Heureusement que le caissier ne se perd pas dans les caisses, car elles font sans cesse parler d'elles; c'est en effet en cette année que fut réparée la petite caisse ou caisse roulante, que battait alors Emile Longuet.

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