Histoire de l'église St Romain




Vie et gestion de la paroisse, XVIe - XVIIIe siècles

Le gros de la cure

Louis Droué, curé de la paroisse, rendit une estimation des biens et revenus de la cure, appelés "gros", le 9 octobre 1692. Nous connaissons ainsi dans le détail des terres et des revenus possédés par la cure à la fin du XVIIe siècle.

Extrait :
"Le curé déclare estre possesseur et jouissant d'une maison, grange et fuye du presbitaire despendant de la dite cure, avec une pièce de terre estant au-devant, contenant le tout trois quartiers ou environ, joignant d'un long et bout aux terres despendant de Chesnaye et d'un long au chemin d'Athée à la rivière du Cher, et d'autre bout à l'églize et cimetière dudit Athée, valant 3 livres.
- plus un arpent de terre labourable et vignes joignant d'un long et bout à la veuve de Mareuil, et d'unq long au chemin allant au village de Bono à la dite rivière du Cher, valant 12 livres estant mal plantée et peu de valeur,
- pris deux arpens de terres labourables au lieu de la Perrière, joignant d'un long audit chemin d'Athée au village de Bauze, d'autre long à Charles Lequineau, et veuve Duval, d'ung bout à la terre de Chesnaye, et d'aultre bout à la veuve Belluor, valant 3 livres,
- plus demy arpent de pré joignant d'un long au chemin de Bléré au Port de Chandon, d'aultre long et des deux bouts au prèz de Chesnaye, valant 40 sols,
- plus deux arpents de terre près Martigny, joignant d'ung bout et d'ung long aux terres de Chesnaye, d'autre long aux murailles et parc dudit Chesnaye, d'autre à la dite veuve de Mareuil, valant 6 livres.
- plus demy arpent de vignes au Clos d'entre les Sous, joignant d'un long au sieur de Grand Lay, d'autre long au sieur de la Boulaye, d'ung bout au chemin d'Athée à la dite rivière de Cher. La valorisation de ces terres lui coutait 3 livres,
-Plus a déclaré le dit sieur curé qu'il luy est payé, à cause de son dit bénéfice par chacun an 18 septiers tant en bled, que orge, qui luy sont payez par le fermier du prieuré de Bono, le tout mesure de Tours, pour le gros de la dite cure, et pour son droit de disme, valant 80 livres, par année commune,
- plus par le fermier demeurant en la ville de Bléré du sieur maître d'escolle dignité de St-Martin de Tours, deux septiers de bled mesure dudit Tours, tel qu'il se recueil pour le droit de disme que ladite cure a droit, valant 12 livres.
- plus par le fermier de la terre de Bagneux, apartenant à messieurs de St-Martin dudit Tours, 14 boisseaux de bled comme il se recueil pour pareil droit de disme deub à la dite cure, valant 7 livres par an".

Une autre déclaration du gros de la cure a été faite par Joseph Belluot, curé, le 12 août 1728. Ce document est plus précis que le précédent:
"Premièrement un gros de 6 septiers froment, 6 septiers seigle et 6 septiers orges, mesure de grange et suscite mesure de Bléré, qui est du au curé par chacun an au jour de St-Michel par monsieur l'abbé de St-Julien de Tours, à cause des dismes de gros et menues bleds, menues et vertes dismes qu'il perçoit dans toute l'étendue du prieuré de Bono, lesquelles dismes sont affermées 150 livres, non compris le gros cy-dessus ; trente boisseaux de bled, trente boisseaux d'orge et toutes les pailles que le dit sieur abbé donne au prieur de Bono pour la grange que ledit prieur fournie audit abbé pour loger les dites dismes, lequel bled peut valoir, année commune suivant la ditte évaluation, 6 livres le septier, quatre livres le seigle, et l'orge 3 livres, qui font en tout 78 livres.
. - Plus un gros de deux septiers de froment, mesure de grange et mesure de chapitre, qui font 20 boisseaux, mesure de Bléré, dûs au curé le jour de St-Michel par monsieur le maistre école de St-Martin de Tours qui possède la plus grande étendue de disme de cette paroisse, les menues et vertes dismes et de vin, dans la ditte étendue, laquelle disme est affermée 200 livres, sans préjudice audit gros que le fermier doit payer ; lequel bled peut estre vendu 6 livres le septier, suivant l'évaluation commune des suscites années, qui font en tout 10 livres.
- Plus un gros de 7 boisseaux froment et 7 boisseaux seigle dûs par messieurs de Saint-Martin de Tours, mesure de Montbazon et de grange, qui disment 400 arpents de terre dans le meilleur fond de la paroisse, appelé Baigneux; les menues et vertes dismes et le vin, lequel bled peut valoir 6 livres le septier et 4 livres le seigle suivant l'évaluation commune des susdites années, qui font en tout 4 livres 16 sols 8 deniers".

Les dîmes dont le curé ne touchait rien :
"Les Jésuites de Tours, comme prieurs de St-Jean-du-Grais, lèvent dans ma paroisse une disme qui vaut moins de 40 livres et dont je n'ai rien,
- Le seigneur de Nitray lève aussy une disme dans l'étendue de cette paroisse, qui vaut bien 30 livres, et dont je n'ay rien,
- Messieurs de St-Gatien de Tours, lèvent aussy une disme dans l'étendue de cette paroisse qui vaut bien 10 livres, non compris une métairie appelée la Cirasserie (Sciasserie) située en cette paroisse, exempte de disme et dont je n'ay rien,
- Monsieur de Chesnais lève avec monsieur l'abbé de St-Julien de Tours, une disme appelée la Gangnerie, dans l'étendue de cette paroisse, tout aux environs du bourg et des meilleurs fonds, dont le sieur abbé afferme sa part 45 livres, non compris 15 boisseaux de bled, 15 boisseaux d'orges et toutes les pailles que le seigneur de Chesnais prend pour la grange qu'il fournit et dont je n'ay rien".

Les rentes dûes à la cure d'Athée :
"- Premièrement un septier de noix de rente foncière dû à la cure d'Athée par les dames de l'hostel dieu de Tours, qui peut valoir suivant l'évaluation commune des susdites années, 100 sols par an (4 livres).
- plus deux septiers de froment de rente foncière annuelle et perpétuelle, 12 sols, 6 deniers et une poulie, dûs par le seigneur de Chesnais, en vertu d'une transaction faite entre monsieur Lancelot du Fau, conseiller président de la cour de parlement à Bordeaux, et curé audit Athée, et Mr Henry Bohier, conseiller du roy, receveur de ses finances et seigneur de Chesnais. La ditte transaction passée par devant Jean Maignan, clerc, notaire et tabellion juré du sel royal établi aux coutumes des bailliages et chatellenies de Blois, le 5ème de décembre 1510 ; laquelle rente peut valoir suivant l'évaluation commune des susdites années, 21 livres 2 sols 6 deniers".

Les fondations faites en faveur de la cure :
"- Premièrement la fabrique donne au curé 35 livres pour acquitter les fondations de la ditte fabrique.
- Plus maistre Pierre Farcy, curé de cette paroisse a légué 100 sols par an à la cure pour dire une messe basse le jour de Nostre Dame de Pitié pour le repos de son âme et chanter le repond, ne recorderis, tous les dimanches de l'année.
- Plus Marin Desouches a légué à la cure 54 sols par an pour dire l'absolution tous les dimanches de Caresme à son intention.
- Plus François Grandain a légué à la cure 7 livres 10 sols par an pour dire 15 messes pour le repose de son âme".

Le casuel (*) de la paroisse :
"Le casuel de cette paroisse peut produire, année commune, au curé 35 livres".

Le total des revenus de la cure d'Athée était donc en 1728 de 661 livres 13 sols 2 deniers.

Les charges de la cure :
"- Premièrement 100 livres que je paye de décimes et autres droits.
- plus 60 livres pour la façon de 3 arpents de vignes dépendant de la cure.
- plus 300 fosses de Proüins à 100 par arpent, les fumer et charroyer, le dit fumier, 20 livres.
- plus pour frais de vendanges, nourriture et charroyer la ditte vendange dans le pressoir distant d'un bon quart de lieue pour les susdits 12 poinçons, 30 livres.
- plus pour amasser la disme des susdites quatre poinçons de vin, dont il y a plus de 40 journées d'hommes et la nourriture, 30 livres.
- plus pour 16 poinçons pour enfuster le dit vin 15 livres la douzaine, année commune, font 100 livres.
- plus pour les réparations du logis du presbitaire, grange, sellier, boulangerie, et écuries, 20 livres.
- plus 60 livres pour salaire de mon vallet, et 40 livres pour le salaire de ma servante, font 100 livres.
- plus 60 livres pour la nourriture de mon cheval dont je ne sçaurois me passer par raport aux mauvais chemins et la distance des lieux".

Le total des charges était ainsi estimé à 141 livres 13 sols 2 deniers.

(*) [ Le revenu casuel, par opposition à gain,revenu fixe.
"De quelques valeurs que soient les cures, tant en fond qu'en casuel." Bossuet. ] Emile Littré.

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